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LES HEURES SUPPLEMENTAIRES : BRAS DE FER ENTRE LA DIRECTION ET LES TRAVAILLEURS






 

 

A moins d’un mois des élections syndicales pour renouveler le collège syndical de Friguia, une tension de plus est en train d’opposer la Direction de Friguia à une partie des travailleurs. La pomme de discorde est la volonté de la Direction de réduire les heures supplémentaires effectuées dans certains départements.

Il faut avoir le courage de le reconnaître. Les heures effectuées par quelques travailleurs sont franchement exagérées. Nul ne peut travailler jusqu’à 300 heures supplémentaires dans le mois en plus des 176 heures légales sur un mois qui en compte 720.

En début de mois, le nouveau DG a donc pris la décision de réduire drastiquement les heures supplémentaires pour les ramener à un niveau jugé acceptable. Ce qui n’a pas manqué de faire des mécontents. Il s’en est suivi un débrayage qui a sérieusement perturbé la marche de l’usine pendant quelques jours. Les travailleurs de la Maintenance refusant alors d’effectuer la moindre heure mais exigeaient d’être payés de façon plus convenable. Pendant les négociations, le DG, maladroitement aurait alors lâché cette phrase : ‘‘Si vous ne faîtes pas d’heures, nous allons voir comment vous allez nourrir vos familles’’. Comme de l’huile versée sur le feu, certains ont affirmé que la Direction elle-même est consciente que les salaires sont bas mais ne fait rien pour les améliorer. Et de rappeler que les heures permettaient au moins de ramener le salaire à un niveau qui permet de joindre les deux bouts surtout en ces temps de crise et de carême.

Pour revenir un peu à la situation salariale au sein de Friguia, les salaires sont si bas que l’on a du mal à dire combien l’on gagne. Une récente étude a montré que dans le secteur minier en Guinée, les unités de RUSAL sont en queue de peloton en matière de niveau des salaires. Par exemple, un agent de 7ème catégorie a une base salariale d’environ 620 000 Fg soit environ 124 dollars US. Le même agent touchait avant la crise de 2003 l’équivalent de 250 dollars US. Où est donc passée la différence ? On sait que la comptabilité et les salaires sont gérés en dollars US mais sont payés en francs guinéens et non en équivalent francs guinéens. La moindre dégringolade de cette monnaie se répercute en perte de pouvoir d’achats pour les travailleurs et n’est jamais automatiquement réajustée. C’est ainsi que les salaires en équivalent dollars ont été divisés par deux ces dernières années malgré les zéros ajoutés en francs guinéens sur les bulletins de paye. (Inflation quand tu nous tiens). Quel que soit le salaire en francs guinéens, ce que l’on consomme est en grande majorité importé donc facturé en devises, principalement le dollar.

En attendant de voir la suite des évènements, huit agents de la Maintenance ont reçu des lettres les sommant de venir s’expliquer sur leurs prétendues responsabilités dans ces débrayages. Mais leurs camarades travailleurs ont d’ores et déjà prévenu : la moindre sanction à leur encontre, si petite soit-elle, déclenchera une grève immédiate et illimitée.

Dans ce bras de fer qui se poursuit, on se pose quelques questions : comment donner le meilleur de soi à son lieu de travail quand on est maintenu dans un tel état de pauvreté ? Comment faire pression et obtenir au moins que les salaires retrouvent leur parité en dollars d’avant la crise ?

Questions souvent posées et toujours sans réponse. Même le prochain collège syndical qui sera investi fin octobre ne semblera pas capable de résoudre cette équation pourtant simple à résoudre.



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