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14 Février 2008
Friainfo: Bonsoir Papa, d'abord nous vous remercions de l'accueil que vous nous accordez. Avant tout , pouvez-vous vous présenter à nos nombreux lecteurs qui connaissent peu?
El Hadj Barry Porto: Merci à vous aussi. Je m'appelle Sadou Barry connu sous le nom de Barry Porto. Je suis né à Dalaba vers 1934 . Je suis marié à deux femmes et père de onze enfants.
Friainfo: Depuis quand, vivez-vous à Fria?
El Hadj Barry Porto: Je suis venu à Fria à la fin d'année 1957. J'habitais d'abord à Tabossy où j'ai fait un peu de temps avant de venir habiter à Tigué. Là, j'ai construit ma première maison. Quelques années plus tard, je suis allé habiter à Katouroun, l'actuel centre-ville.
Friainfo: Comment vous êtes-vous lancé dans le commerce dans une ville où vous ne connaissiez personne à votre arrivée?
El Hadj Barry Porto: Lorsque je venais nouvellement d'arriver à Fria, je gérais un café dans une baraque où tous les travailleurs de l'usine se retrouvaient pour consommer chaque jour après le boulot. Un jour, le directeur général de l'usine de l'époque, Monsieur Boucantin était venu faire un tour là. Après sa consommation, il a trouvé qu'il n'était pas sorti avec de l'argent. Et il avait commencé à s'inquiéter. Mais ayant vu cela, je lui ai dit que je paye à sa place. Il a dit “non, c'est moi qui suis le patron, donc ,c'est moi qui dois payer”. Malgré son insistance, je lui ai dit que ce n'est rien . Après cet acte de générosité, il m'a donné sa carte pour aller le retrouver à l'usine le lendemain.
Une fois à l'usine, il m'a montré Diao M'Baye qui était un grand cadre sénégalais de l'usine avec lequel nous avons eu un entretien très fructueux à trois. Après notre entretien, il a dit à son chauffeur d'aller me raccompagner chez moi à Tigué. C'était ma première fois de monter dans une voiture climatisée.
Cette rencontre a été vraiment fructueuse pour moi, car elle me permettra de signer un contrat de ravitaillement des expatriés de l'usine en légumes, agrumes et fruits que je partais chercher à Dalaba. C'est dans cette fourniture en produits maraîchers que j'ai réussi à décrocher de gros marchés qui m'ont permis de me frayer un chemin dans le commerce avec beaucoup de relations.
Je dois mon pseudonyme Barry Porto à ma collaboration franche avec les blancs qui étaient très sympathiques envers moi.
Aujourd'hui, je suis le représentant exclusif de Bonagui et de l'eau Coyah dans cette ville qui m'a tout donné.
Friainfo: Comment est venue l'idée de création de votre boulangerie située derrière la clôture de l'hôpital d'Etat qui est l'une des plus anciennes de la cité?
El Hadj Barry Porto: Comme je vous l'ai dit auparavant, avec le contrat de ravitaillement des expatriés, j'ai réussi aussi à décrocher le contrat de ravitaillement en pain des travailleurs de l'usine. Ainsi, cette boulangerie a servi à fournir quotidiennement du pain aux travailleurs et à leur famille. Voilà comment elle a été construite.
Friainfo: Ne regrettez-vous pas d'avoir vécu à Fria?
El Hadj Barry Porto: Je suis venu dans cette ville très jeune. Aujourd’hui, Dieu merci, je suis un grand propriétaire immobilier. J’ai réussi à construire ici à Fria, dans mon village et à Conakry. Certaines de mes mes villas sont occupées par les des Institutions Internationales évoluant en Guinée. Je me suis marié ici à deux femmes, et j'ai réussi à avoir onze enfants parmi lesquels Mamadou dont j’ai financé les études au Canada et qui travaille actuellement au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et Alpha à Dakar qui est aujourd'hui responsable des Ressources Humaines à Areeba-Guinée, Hadiatou est présentement en France pour poursuivre sa Maîtrise en Informatique, Papa est actuellement à Orange-Guinée et Raphiou qui vit présentement à Londres.
Comme vous le constatez, Dieu m'a aidé à donner une très bonne éducation à tous ces enfants qui font ma fierté aujourd'hui, car ils ont toujours été sérieux et corrects.
Depuis qu'ils sont en vie, je n'ai jamais été convoqué à la police ou à la gendarmerie pour quelque problème que ce soit.
Donc, avec tout ce que je viens de vous dire, franchement je peux vous dire que je n'ai aucun regret d'avoir vécu à Fria qui restera toujours dans mon cœur.
Entretien réalisé Par: Boua KOUYATE
Téléphone: 60 49 94 53/ 64 66 85 67