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5 Décembre 2007




Nous vous rappelions il y a peu la date anniversaire du 1er soulèvement des jeunes des quartiers périphériques de
Fria en exigeant le bitumage des routes de leur ville.
Malgré les promesses faites alors, force avait été de
constater que c’était une promesse vaine. Je me souviens que ce 2 décembre 2006 la nuit, nous revenions d’une soirée organisée par l’association « La Référence » où il s’était agi de
primer les meilleurs élèves des écoles de Fria. Les nombreuses voitures aux abords de la piscine avaient tellement soulevé la poussière que les jeunes, piétons pour la plupart, ont spontanément
érigé des barricades aux principaux carrefours de la ville nous obligeant à emprunter des chemins détournés pour pouvoir rentrer à la maison. Dieu merci, ils n’ont cassé aucune voiture et ne s’en
sont pris à personne mais restaient fermes sur leurs exigences. Les tentatives de médiation du Maire resteront vaines : le goudron ou rien.
Le Préfet d’alors, peu habitué à négocier ou à gérer les cas de crise, emploiera la méthode forte en faisant venir dès le lendemain
après-midi des contingents de police anti-émeute (on les appelle ici antigang) avec le prétexte que les installations de l’usine étaient menacées. Ils
feront plus de la répression que du maintien d’ordre. Leurs descentes dans les quartiers et surtout au collège et au lycée sont encore présentes dans toutes les mémoires. Mais la détermination
des jeunes n’a pas été du tout entamée tout au long des jours du conflit. On se souvient que lors d’une descente dans le quartier M’Balia, ils ont été rapidement débordés et à court de munitions.
Grande a été leur surprise d’entendre les jeunes se lancer des mots d’ordre de repli, d’attaque et surtout de faire pleuvoir sur eux des jets de cailloux atteignant plus ou moins leur cibles. Ils
n’ont du leur salut qu’à coup de négociations.
La répression aveugle qui suivra les fera arrêter des dizaines
d’innocents qui seront exfiltrés en catimini de la ville et passeront plusieurs semaines d’incarcération à Conakry sans des conditions atroces avant d’être libérés en fin décembre 2006. L’un
d’eux a été arrête à la veille de son mariage et un autre le jour-même du baptême de son enfant.
Nous étions dans
la rédaction de la plupart de nos premiers reportages et nous hésitions alors à envoyer les photos sur le site de friainfo à peine naissant. On se souviendra aussi que ce sujet des émeutes et du
goudron constitueront longtemps le thème principal de nos articles et aura permis de nous constituer une certaine audience auprès de vous car toute la diaspora de Fria avait soif de nouvelles de
leur chère ville.
En association avec le groupe d’amis « La Référence », nous avons décidé d’organiser
avant la fin de l’année une cérémonie pour primer encore une fois les meilleurs élèves de Fria mais aussi et surtout ceux qui se sont distingués au cours de cette année (le surveillant qui a
bloqué le bus contenant le gazole volé pour son civisme, Arsenik pour sa médaille d’or, le collectifs des personnes arrêtées pendant la grève, etc.)
Toutes ces personnes ont par leur sacrifice, par leur exemple ou par leur travail redonné une image positive de Fria.