1er site d'information guinéen basé essentiellement sur l'actualité d'une ville : Fria en Guinée depuis 2006
15 Mars 2007

Quelques années après le conflit qui l'opposa à Péchiney, la Guinée s'était tournée vers un nouveau parténaire : ACG Company. Cet accord préconisait l'expansion à long terme des installations minières afin d'accroître la productivité de l'usine.
Mais en venant à Fria, l'objectif inavoué de cette compagnie était double : d'abord, générer un profit maximum en un laps de temps en réduisant les coûts salariaux et sociaux qui constituaient autrefois la colonne vertébrale du bien-être des friakas; Ensuite, se retirer à pas de géant une fois que l'objectif cité ci-avant était atteint.
Après l'identification de toutes les données qui concourent à la mise en oeuvre de cette stratégie, très vite, les nombreuses entreprises présentes au sein de l'usine étaient devenues les deux béquilles indispensables de cette nouvelle société. Si l'apport de ces unités, majoritairement détenues par les anciens de Friguia-Kimbo, n'est pas un mal en soi, par contre, aujourd'hui, l'évolution du parténariat qui les lie à RUSAL (ex-ACG) interpelle. Car en déhors de tout cadre légal, elles sont contraintes à verser aux chefs locaux 10% sur chaque marché obtenu. Ajoutés à cela, les nombreux pot-de-vins afin d'accélérer le traitement administratif des dossiers.
Malheureusement, au bas de l'échelle, se trouvent des centaines de travailleurs de ces entreprises complètement démunis. Des hommes courageux mais sans voix dont le quotidien reste confondu non seulement à une détresse immense, mais aussi à une précarité de plus en plus grandissante. A ce jour, un ouvrier du secteur de gardiennage touche un salaire dérisoire de 180.000 FG soit 26 € par mois. Pour rappel, la plate-forme révendicative obtenue à l'issue de leur première grève en 2004 du temps de ACG Company, selon laquelle une priorité devait être donnée à leur embauche par l'usine n'est toujours pas d'application. Sa mise en oeuvre buterait à un refus catégorique de tout un système orchoestré et manoeuvré par le Directeur Opérationnel et le Directeur adjoint des Ressources Humaines de RUSAL ainsi que l'Inspecteur du travail et le Préfet de la ville de Fria.
Loin de tous ces évènements de désolation, la cité de Fria demeure pour beaucoup la ville qui nous a enfanté. sans oublier les milliers de personnes de divers horizons, pour lesquelles elle restera sans doute, encore longtemps, une terre d'acceuil, un cadre de vie agréable. A un moment donc où elle vit ses heures les plus difficiles, témoignons-la notre gratitude en refusant de se porter complices de son déclin. Cela passe non seulement par une dénonciation de ces comportements ignobles et méprisants, mais ausssi par une mobilisation de soutien dans le cadre de son développement socio-culturel et économique. Ainsi, par notre modeste contribution, nous nous inclinons face au mérite d'une partie de notre vie qui est cette cité.
Camara Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué ARSYF/Belgique