Où sont les balances pour peser les chagrins des peuples meurtri, et les trébuchets pour jauger les culpabilités.
En tout état de cause,Fria aujourdhui est une ville assez banale,extrêmement moite,dont seuls ces immeubles et raffineries évoquent avec dignité le destin de ses populations- cette banalisation de la vie dans cette ville reprend tout de suite le meilleur sur la "mort" à la quelle elle est confrontée.
C'est un champs de ruine chaotique,à l'image d'Hiroshima et Nagasaki.
Il ne fallait pas regarder de trop loin pour répondre aux interrogations de Albert Camus:une question toujours d'actualité<< Comment se forger un art de vivre dans une ville pareille>>
Peut être c'est ce qui explique leur soulèvement,on ne saurait leur donner tort puisque une fois levé le rideau de la politesse;il faut observer le sable mouvant des argumentations,celles de prendre la jeunesse comme une cible facile.Ces gens ne souhaitent plus supporter les sévices,inquiètent devant les comportements militaro-idéologiques de leurs dirigeants.
L'état dans son élan de puissance doit y réflechir.
Aujourdhui quand on réflechi sur le vécu de ces population, leur quotidien, leur souffrance,vous êtes positionnés vis-à-vis de la situation-et en ce moment que fait les autorités? elle mène une véritable politique de<<va-t'en guerre>>contre une population qui demande protection et survie.Combien de temps faut il attendre pour comprendre que ces gens sont dans un<<besoin necessiteux>>.
Quand les choses ne sont pas faites correctement,elles engendrent ce qu'on appelle la haine et la violence.
Les impunités,les frustrations s'accumulent ,et debouchent sur des scènes de guerre et de guerilla comme celles enregistrées hier.
la tragédie est bien en marche dans cette contrée de la Guinée;nullement de faire une apologie de la violence ou un cautionnement de ces actes de vandalisme perpetré cette sémaine;mais on ne reponds pas à une manifestation légale par des représailles.
Et comme cela ne suffit pas,le préfet enfonce le clous pour justifier son acte en demandant plus de renfort.
On a pas besoin d'autorisation pour faire ce que l'on doit aux peuples de Guinée.
le droit et la liberté sont invulnérables aux baillonettes et aux canons:tirez cette ville de la poussière et de l´obscurantisme est un devoir sacré pour tout être humain qui dispose de son droit à bien vivre,on peut le tuer! un autre prendra la relève et l´histoire l´acquittera.
Seule la mort pourra empêcher un peuple de s'exprimer.
Ainsi on se pose la question jusqu'où un dirigeant peut il se retourner contre sa propre société et lui ôter la vie?
Face à la crise institutionnelle et économique que traverse la Guinée, il est de notre devoir, citoyens et citoyennes, toutes sensibilités confondues de se poser la question:
Y A T'IL UNE VIE APRES LA DICTATURE ?
Oui dirait-on, et ce cas de figure se materialise à 160 km de Conakry,dans une ville "fleuron de la guinée",aujourdhui simple illusion parfois même un mirage, confinée dans le bruit saccadé des bottes et le crépitement des balles comme pour dire que le sommet de la bêtise humaine n'a pas atteint son paroxysme.
Aux politiciens,on pourrait se contenter d'un médiocre préfet et peu soucieux de la vie de ces citoyens,sans se montrer au surplus mauvais perdant, et accepté de ses superieurs sans que cela ne dérange personne.
Le ton lui même traduit le manque de calme et de serenité des autorités préfectorales face à cette crise.
il est loisible à toute personne aujourdhui de venir voir à fria la "popularité" de Mr le préfet in situ.
Devant les floraisons d'allégations mensongères et les affubulations sur ce projet et les derniers résultats des éléctions communales et communautaires, marquent le point de rupture entre une volonté populaire et une autorité qui a perdue toute crédibilité.
Prête en découdre avec les forces de l'ordre, au prix de leur vie, la population en masse, après l'incendie de la gendarmerie lance un signal fort au régime de Conakry pour un changement définitif.
Le peuple de Guinée vient de loin, dépuis les 26 ans du parti-état du feu Président
Sékou Touré,et les règnes impériales du Général Lansana Conté, tout indique dans ce pays que les indicateurs socio-économiques sont aux rouges.
Le régime de Conakry ne voit pas plus loin que le bout de son nez,obnibulé par les fastes du pouvoir et l'argent du contribuable,qui au lieu de profiter des retombés économiques que génèrent ses industries ,s'appauvri cruellement dans un pays riche.
Le peuple ne veut plus de promesse et prend bien note que les serments politiques prouvent toujours leurs inconstances. Et comme le dirait l'autre:<<la démocratie,même quand elle n'apporte pas la solution,donne du confort aux peuples, si elle est respectée et bien appliquée>>
Mory Diakité