Décidement les habitudes ont la peau dure en Guinée, et surement le salut des peules arrive par le soulevement. Après Conakry, N'zérékoré et Kamsar, c'était au tour des populations de la préfecture de Fria Située à 160 Km de Conakry, de manifester le 30 octobre dernier, leur ras-le-bol contre les autorités administratives de la préfecture. Les travailleurs soutenus par des élèves, ont manifesté pendant toute la journée, contre l'état dégradant de la ville. Il n'y a pas eu de perte en vie humaine, mais les dégâts matériels sont énormes et ont donné le goût amer de la journée. Mais comment en est- on arrivé là?
Selon les témoignages, tout a commencé dans la nuit du dimanche à lundi, quand des travailleurs commis à la tache par leur seule volonté, ont barricadé presque toutes les routes de la ville menant à l'usine. Objectif, empêcher toute circulation de véhicule et autres engins de transport de travailleurs de l'usine. Se seraient-ils inspirés des derniers événements de N'zérékoré survenus deux jours plutôt? C'est fort possible. En tout cas selon les informations à notre possession, Fria depuis quelques années, cinq ou six ans maintenant, ressemble à une cité perdue dans l'univers. La ville connaît une dégradation poussée de ses infrastructures.
Plus un goudron sur les routes. Les nids de poule qui y sont, sont transformés en nids d'éléphant pour servir ensuite de retenu d'eau usée. C'est pour boucher ces trous dans le but de faciliter la circulation, que la compagnie ACG a transporté au début du mois d'août, la terre rouge de l'usine pour recouvrir presque toutes les rues de la ville. Cette terre rouge qui renferme de la soude caustique, a un effet nocif sur la santé des populations, selon qu'elle se transforme en boue ou en poussière en fonction du temps de la nature,aujourdhui dans cette ville tout le monde ou presque souffre des maladies respiratoires et la ville ressemble à une zone de carrière. C'est cette situation désastreuse que vit la population de Fria qui a mis le feu aux poudres le matin du lundi dernier.
Les travailleurs déchaînés contres les responsables, ont barricadé toutes les rues de la ville. Seuls quelques travailleurs en situation d'urgence, se sont rendus à l'usine mais à pied, sur une distance de 4 Km. Les élèves des écoles publiques(J.B: Tito, Amilcar Cabral,Hadja M'mah et autres) qui ont été alertés quelques heures plus tard, se sont mis dans la danse en jetant des projectiles sur leurs camarades des privés, notamment Amitié et Kimbo.
C'est là qu'on a enregistré des blessés à coup de pierre et au marché, où les badauds se sont attaqués aux commerçants. Conscientes de la légitimité de la manifestation, les forces de l'ordre n'interviendront que pour limiter les dégâts. Mesurant à sa juste valeur l'intérêt de cette manifestation, les autorités administratives et politiques de la préfecture ont décidé d'intervenir pour apaiser la tension.
A la place du préfet qui est toujours recherché, le maire de la commune après avoir reconnu la légitimité de la revendication, a appelé les uns et les autres au calme et à la sérénité. Diallo Sily a promis le démarrage des travaux de réhabilitation des routes de la ville dans deux semaines. Après l'avoir écouté avec attention, les manifestants, cadres comme ouvriers, ont décidé de suspendre l'idée de la revendication jusqu'à la date indiquée par le maire. Dans le magazine de 22h du même lundi, la radio nationale a annoncé le déblocage par la société Rusal, de plus de 5 millions de dollars pour les travaux.Le calme est revenu dépuis dans la cité de l'Alumine, et la population attend de voir comment les choses évoluerons dans les prochains jours.