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23 Septembre 2009

L’invitée de cette semaine est une jeune friaka aujourd’hui étudiante à l’Université qui est très active dans le milieu associatif surtout en faveur de la jeune fille. Dotée d’un fort caractère et d’une ambition à toute épreuve, elle s’est entretenue avec nous et elle mâche pas ses mots . . .
Friainfo : Qui êtes-vous pour ceux qui ne vous connaissent pas.
Djénabou BAH : Je m’appelle Djénabou BAH. Je suis présidente de l’Association des Jeunes Filles pour l’Espace de la Francophonie et chargée de la rubrique ‘‘Femmes et sport’’ au sein du journal SPORT PLUS.
Friainfo : Vous n’êtes pas native de Fria. Quand êtes-vous venue ici pour la 1ère fois ?
Djénabou BAH : Je suis arrivée ici quand j’étais en 10ème année dans les bagages ma tante Kadiatou MANSARE de KM Surveillance. Je suis restée ici jusqu’à l’obtention de mon bac et la résiliation du contrat de ma tante. Après, je suis allée pour l’Université à Conakry.
Friainfo : Vous êtes journaliste par moments ? A quand remontent vos débuts ans ce métier ?
Djénabou BAH : Quand j’étais au Lycée, l’envie d’écrire me taraudait depuis. Il y existait déjà un journal dans lequel j’avais commencé à écrire. Mais j’avais l’ambition de m’engager plus que ça surtout en faveur de la jeune fille. Ce qui m’a poussée à aller plus loin.
En suivant les conseils de mes ainés, j’ai lancé mon propre journal dédié à la jeune fille de Guinée. Grâce à leur soutien et à celui de personnes de bonne volonté, « LA JEUNE FILLE » a vu le jour et a commencé à être tiré sur des photocopieuses à environ cent exemplaires par mois. Nous avions opté pour la gratuité dans un premier temps afin d’attirer un maximum de lectrices.
Plus tard, en lisant d’autres journaux, je suis tombé sur le nom de Mr CANADA un imprimeur de renom. Je lui dois beaucoup d’avoir accepté de tirer gratuitement mon journal pendant des années. Mais au fil du temps et la crise aidant, cette collaboration a malheureusement cessé. Ce qui a mis fin à l’existence du journal.
Friainfo : Est-ce que cela a mis également fin à votre engagement en faveur de la jeune fille ?
Djénabou BAH : Pas du tout ! J’ai continué à écrire pour SPORT PLUS et j’ai aussi travaillé au sein d’associations.
Friainfo : Comment a commencé votre collaboration avec Attife CHALOUB de SPORT PLUS ?
Djénabou BAH : Partant du constat que la jeune fille est moins connue et moins médiatisée que les hommes, j’ai proposé au fondateur du Journal « SPORT PLUS » de me laisser animer cette rubrique pour mieux aider à promouvoir la jeune fille sportive de Guinée et à mieux faire connaître ses exploits dans le domaine sportif.
Friainfo : Et dans le domaine associatif ? Quel a été votre engagement ?
Djénabou BAH : Parallèlement au journal, j’avais aussi lancé une association qui œuvrait dans le même sens. L’idée était de diversifier nos activités et que le journal ne soit qu’une de ces activités.
Dieu aidant, le Directeur National de la Jeunesse d’alors qui est aujourd’hui Secrétaire Général du Ministère de la Jeunesse, avait été séduit par les problèmes que traitaient notre journal et notre association. Il nous a proposé d’organiser un forum régional sur la jeune fille. C’était en 2005. Nous avons monté le projet avec Karamoko TOURE du CECOJE de Fria. Tout a été bien monté au point qu’il nous a finalement demandé que le forum ne soit plus régional mais national. Ce forum a été organisé conjointement avec l’Association des Guides de Guinée et le Ministère de tutelle appuyés par l’UNICEF et l’Ambassade de Grande-Bretagne. J’en étais la secrétaire chargée du transport. C’est à l’issue de ce forum que le Réseau National de la Jeune fille a été créé en Guinée.
Ensuite, tout s’est emballé et nous avons été invités par Aide et Action à assister au 4ème forum social africain à Nongö Tadi en septembre 2005 où nous avons débattu de la scolarisation de la jeune fille et des mutilations génitales féminines.
Friainfo : Vous semblez avoir eu de la chance de faire des rencontres.
Djénabou BAH : En effet ! Depuis la rencontre de Conakry, beaucoup d’autres rencontres se sont enchaînées : le forum mondial polycentrique de Bamako en janvier 2006, le séminaire sur le rôle des institutions financières internationales, la 4ème Assemblée Générale de la BAD et le forum des peuples organisé par le CAD-Mali.
Friainfo : Un tel engagement dans le monde associatif ne vous donne-t-il pas l’envie de faire un jour de la politique ? Etes-vous préparée à affronter ce terrain ?
Djénabou BAH : C’est possible même s’il ne faut pas brusquer les choses. Mais dans la mesure où le mouvement associatif forme et prépare la jeunesse pour demain, pourquoi ne pas faire de la politique pour mieux servir son pays ? On y est bien structurés, on réfléchit aux problèmes de développement, on respecte les statuts et règlements qui nous régissent,. . . donc je pense que c’est possible dans l’avenir.
Friainfo : Qui avez-vous pour modèle ?
Djénabou BAH : C’est un peu difficile mais je crois que c’est mon père. Il était pilote de ligne et s’appelait BAH Cheick. J’aimerais tant lui ressembler.
Friainfo : Votre plus grand rêve.
Djénabou BAH : Voir la Guinée sortir de cette crise et prendre le vrai chemin du développement. Voir les guinéens vivre heureux et dans un plein épanouissement, ça, c’est mon rêve.
Friainfo : Le mot de la fin.
Djénabou BAH : Le mot de la fin sera à l’adresse des autorités. Ils nous disent souvent que nous sommes l’avenir de ce pays mais quand on regarde la réalité, on se demande quand cet avenir deviendra réalité. Si on ne nous accompagne dans ce processus, on va droit à la catastrophe.
Alors, il faut aider la Jeunesse !