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CHAMPIONNATS MONDIAUX DE NATATION : QUATRE NAGEURS GUINEENS SE FONT LA BELLE

M'Bambé SACKO et GOOSE


La piscine olympique où ont eu lieu les championnats du monde de natation





A l’instar de l’Afrique du Sud qui va organiser la Coupe du Monde en juin prochain, il devient temps et nécessaire pour l’Afrique de se mettre au pas et commencer à abriter les grandes rencontres sportives internationales.

C’est un constat personnel qui ressort des récents championnats mondiaux de natation qui se sont déroulés à Rome la ville éternelle du 18 juillet au 3 août dernier. Quatre nageurs guinéens avaient pris part à ce grand rendez-vous-même si les chances de médailles n’étaient pas très grandes.

En matière de sport en général et de natation en particulier, Fria est incontournable tant sur le plan des athlètes que celui des encadreurs. La délégation guinéenne était conduite par l’ancienne championne de Guinée M’Bambé SACKO actuelle vice-présidente de la Fédération et encadrée par l’inusable Mohamed Lamine FOFANA ‘‘Gouse’’ entraîneur national. Sur les quatre nageurs sélectionnés, trois sont issus de Fria : à savoir Mamadou CISSE, Boubacar HAIDARA, Lansana SIDIBE de Fria et Djènè BARRY de Conakry. Seulement une semaine après leur arrivée dans la capitale italienne, les nageurs se sont tout simplement évaporés dans la nature. Un seul parmi eux, Mamadou CISSE, avait déjà commencé les épreuves et s’était classé 1er de sa série. Sans attendre la suite, ils ont disparu laissant les officiels dans l’embarras. Mme BARRY M’Bambé SACKO a eu du mal à retenir ses larmes tant pour sa responsabilité que pour l’espoir de médaille qui s’envolait. Les déclarations à la Police et les recherches n’ayant rien donné, seuls elle et Gouse reviendront en Guinée. Il faut signaler que les nageurs guinéens ne sont les seuls. Plusieurs délégations ont connu le même sort : Djibouti, Mauritanie, Burundi, Niger, Congo, . . .

Déjà, un mois auparavant, une athlète de Fria qui participait à une compétition en Italie a aussi disparu et on est toujours sans nouvelles d’elle. Enfin, avec les Mondiaux d’Athlétisme qui débutent ce vendredi à Berlin, Mariame BAH de Fria la Championne de Guinée sur 100 m, 200 m et 4x100 m a subi une pression énorme avant son départ pour la Bavière. Ses parents ont signé toute une série d’engagements qui devraient la faire revenir à la fin des épreuves.

La liste est loin de s’arrêter là si on remonte quelques années en arrière mais penchons-nous plutôt sur les raisons de tels agissements. Souvent, en Guinée, les sportifs sont des laissés pour compte. Hormis le football qui se taille la part du lion dans les budgets et dans les cœurs, les autres disciplines ont de plus en plus de mal à pratiquer leur sport : absence ou dégradation des infrastructures, manque de soutiens à la fois financier et matériel, pas ou presque pas de championnat national, reconversion difficile pour les retraités, etc. Bref, tout manque et rien n’est fait pour encourager ceux qui défendent nos couleurs dans les stades du monde entier. Deux exemples viennent étayer ce triste constat : Makoura KEITA qui a brillamment décroché trois médailles en athlétisme à BAMAKO a rallié la capitale malienne en . . . taxi ! Son père nous confie qu’il a même du mettre la main à la poche pour compléter le transport de sa fille. Le comble est qu’elle a eu ses médailles avec des chaussures prêtées ! Que fait-on des milliers de dollars que la Fédération internationale verse annuellement à la Fédération Guinéenne ? Depuis deux ans déjà, il leur a été impossible d’organiser le championnat national par manque de fonds. Souvent, lors des déplacements, on retrouve plus d’officiels que d’athlètes contrairement à d’autres délégations.

La délégation qui s’est rendue à Rome n’a absolument rien reçu comme argent de poche. Pas un seul penny ! Seuls les frais d’hôtel et de nourriture supportés par la Fédération Internationale étaient assurés. Pourquoi s’étonner alors quand les athlètes disparaissent avec l’espoir de vivre sous de meilleurs cieux ?

Plus qu’un problème de sport, il convient de souligner qu’il s’agit d’un problème de conscience et de priorité de la part des dirigeants. Les ressources sont certes maigres mais elles peuvent servir à mieux encadrer et supporter nos sportifs dans le souci de porter haut nos couleurs nationales et de contribuer à l’épanouissement de notre jeunesse.

Si seulement, les destinées du sport guinéen pouvaient se retrouver dans les mains des jeunes !












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