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20 Août 2009
Depuis deux jours, la ville de Fria est en train de connaître de grands changements. Un nouveau Préfet et un nouveau Conseiller militaire de liaison à l’usine.
Tout a commencé par un décret remplaçant l’inamovible Colonel Aboubacar SYYLLA Conseiller militaire de liaison à l’usine depuis 18 ans par un jeune capitaine qui aurait fait sa formation en Russie. Hier mardi, un détachement de militaires sont venus dans huit véhicules pour la passation entre les deux officiers. Tout s’est bien passé mais au moment de repartir, nos bidasses exigent de la Direction de Friguia de faire le plein de toutes les voitures. Soit plus de 400 litres de carburant. Ils se sont heurtés à un refus poli et ferme de la Direction qui n’accordait que 150 litres en tout. Enervés, les militaires feront appel à la médiation du Préfet qui est leur frère d’armes. Visiblement gêné de ne pas pouvoir faire quelque chose, il leur aussi répondu qu’ils devaient se contenter de la proposition de la Direction de Friguia.
Cris, intimidations, tractations, etc.., ils ont tout tenté et ont bloqué l’accès de la station de carburant qui se trouve dans l’usine de 15h à 17h. Rien n’y a fait. Déçus et en colère, ils se sont finalement contentés de 30 litres par véhicule mais ont promis au Préfet de rendre compte en haut lieu et qu’il y aura des représailles.
Ainsi dit, ainsi fait. A la grande surprise de tout le monde, par un décret présidentiel lu tôt ce matin sur les ondes de la RTG, un décret limoge le Préfet de Fria le Commandant Nankouma KANTE. Il est remplacé par l’intendant de la Garnison militaire de Tabossy, le sous-lieutenant NABE qui est par la même occasion promu au grade de lieutenant.
Les friakas se posent encore des questions sur la marge de manœuvre du Capitaine Dadis qui semble être l’otage d’une partie de la troupe. A-t-il les mains libres pour travailler sereinement jusqu’à la fin de la transition ?
Sinon, pourquoi sortir un décret au Journal de 6h 45 sans attendre 20h ? La faute du préfet est-elle grave au point de le limoger manu militari ? Les véhicules qui quittent le camp pour des missions ne bénéficient-elles pas de frais et de carburant ?
Enfin, cette décision fera réfléchir plus d’un : gare à ceux qui osent contester l’autorité de Dadis et de la troupe. Comme le disent souvent les militaires eux-mêmes : « Le pays est commandé ! ».