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19 Août 2009
On savait le métier de journaliste dangereux dans certains pays. On le savait aussi très difficile et parfois contraignant. Mais, on ne savait le pas parfois carrément chiant.
Je vais donc vous raconter deux nouvelles : une bonne et une mauvaise. Tiens, commençons par la bonne : Il se déroule depuis quelques années un concours de miss des Collèges et Lycées de Guinée. La lauréate est couronnée sous le titre de « MISS BÖRÖ ». Fria qui a de très jolies filles a présenté une candidate cette année. Mais pour des raisons que je vais citer plus loin, je me garderai de dire son nom. La très belle et charmante demoiselle a brillamment été élue le 2 Août à Conakry devant d’autres candidates venues de toute la Guinée. Ce qui est évidemment un motif de fierté pour la cité de l’alumine. Ses managers comptent même la présenter au concours de Miss GUINEE en octobre. Mais ça, c’est une autre histoire.
Revenons à la mauvaise nouvelle : cette histoire a été vécue par moi et m’a franchement mis hors de moi-même si j’ai finalement mis ça sur le compte d’un caprice. Mardi 4 août, pendant que nous préparions les élections du Comité directeur qui va gérer la Maison des Jeunes, la nouvelle de son élection nous est parvenue à la Bibliothèque. Cette nouvelle a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements. Pour moi qui croyais être au courant de tout, cette nouvelle m’avait complètement échappé. Une fois rentré à la maison, je me suis couché tôt car j’étais très fatigué. En plein sommeil, vers 1h du matin, mon téléphone retentit. Et ce qui a suivi m’as mis les boules. Notre désormais « Miss BORO » qui était en ligne me demande si je suis bien Noel GNIMASSOU. Je réponds par l’affirmative. Aussitôt, elle me reproche de ne pas avoir publié sur Friainfo l’article sur son élection. J’ai eu beau lui expliquer que je n’ai eu la nouvelle que quelques heures à peine et que ce travail, je le fais bénévolement, avec mes propres moyens qui sont limités et dans mon temps libre, la Miss n’a rien voulu comprendre. ‘‘C’est votre travail, vous devez le faire !’’ criait-elle. J’avais d’abord pris ses propos pour une blague mais on sentait qu’elle ne pouvait pas être plus sérieuse que ça.
Je lui ai finalement proposé de passer la voir le lendemain pour des photos et une entrevue. Elle répondit qu’elle repartait à Conakry le jour-même. ‘‘A quelle heure ? lui ai-je donc demandé. ‘‘Dans la journée’’. ‘‘Bien, alors je vais passer le matin de bonne heure avant d’aller au travail et je pourrai publier l’article dans la journée’’. Sa réponse fut cinglante : ‘‘Le matin, moi je dors’’.
Sans faire durer le dialogue, je l’ai invitée à ne plus jamais me rappeler et en lui raccrochant au nez.
Elle a été élue Miss. C’est bien beau. Mais de là croire que le monde entier doit se prosterner à ses pieds … Elle doit avant tout savoir qu’une reine de la beauté n’a pas que des charmes et des atouts physiques. Elle doit parfois en avoir plus dans le cœur et dans l’esprit que dans le corps. Son enveloppe charnelle ne restera pas éternellement belle. Ronsard l’a dit dans un de ses poèmes. Tandis que sa beauté cachée (celle du cœur et de l’âme) est éternelle.
J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article mais après maintes conseils j’ai du le faire. C’était une façon personnelle de solder ce contentieux et d’exorciser ma colère. Pour finir, si elle me lit, j’aimerais lui dire ceci : « RESTE UNE MISS BÖRÖ ET NON UNE MISS BÖRÖKHI » sinon on te dira un jour : « TU ES BELLE, ALORS BÊLE COMME UN MOUTON ET TAIS-TOI »
NB : börökhi veut dire pourri en soussou.