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1 Juin 2009
Nathalie DUPONT avec Mlle Mamadjan
DIALLODécidément, cette élection avait une certaine touche de féminité : la seule candidate femme du côté français a été littéralement plébiscitée puisqu’elle a été désignée gagnante bien avant la fin du décompte des voix.
Nathalie DUPONT, qui au passage, devance une centrale syndicale française (la CGT), nous explique un peu sa vision du PROJEG et les motivations qui l’ont conduite à se présenter.
Friainfo : Vous venez d’être confortablement élue au sein du COPIL. Quels sont vos sentiments après cette brillante victoire ?
Nathalie DUPONT : Je suis très contente et très satisfaite mais en même temps je me pose aussi des questions sur la façon dont ont été faits les choix. Je pense qu’aussi qu’en tant que femme, les votants ont voulu peut-être défendre la parité. En tout cas, je suis contente.
Friainfo : Quel rôle le COPLIL joue-t-il au sein du PROJEG ?
Nathalie DUPONT : Le COPIL est mandaté par l’Assemblée Générale pour donner les grandes orientations stratégiques du PROJEG et les proposer. Ensuite, tout au long de l’année, il veille à ce que ces projets prennent corps et soient appliqués.
Je suis consciente que nous avons besoin de personnes ressources pour nous aider parce qu’on est sur des thématiques très complexes, longues à faire avancer et qui dépassent largement les forces des membres du PROJEG.
Friainfo : Qu’est-ce qu’un programme tel que le PROJEG peut-il apporter concrètement à la société civile guinéenne ?
Nathalie DUPONT : J’ai fait partie des rédacteurs de ce projet. A la genèse, on s’était rendus compte que la société civile était dispersée en une multitude de petites associations très petites écrasées par d’autres très grosses qui absorbaient la totalité des financements. Elles ne travaillaient pas ensemble et ne voulaient surtout pas se mêler de politique. Or c’est du rôle dans un pays comme celui-ci que de s’occuper non pas de politique mais de l’objet politique. Le développement est aussi un objet politique, il était donc intéressant que cette société civile puisse s’organiser pour faire entendre ce qu’elle a à dire sur les questions de développement. C’est ce qui a sous-tendu l’idée de ce programme.
Il devrait permettre d’aider à la professionnalisation des associations, de leur permettre d’avoir beaucoup plus d’informations et d’analyses sur les grandes thématiques des politiques publiques et de commencer à faire des propositions sur la façon dont ces politiques devraient évoluer.
Friainfo : Vous travaillez pour quelle ONG ?
Nathalie DUPONT : Je travaille pour le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement). C’est une organisation de solidarité internationale qui est basée en France et qui appuient des acteurs locaux. Nous avons près de 600 partenaires avec qui nous travaillons annuellement. Nous sommes présents en Guinée depuis 15 ans à travers l’appui à des structures locales.
Beaucoup de pays ouest-africains regorgent de richesses mais où l’exercice du pouvoir ne permet pas de transformer ces richesses en réel développement profitable aux populations. Un de nos enjeux est le soutien aux mouvements de la société civile qui vont vers la structuration et l’interpellation des politiques publiques.
Friainfo : Décrivez-nous votre rencontre avec la ville de Fria.
Nathalie DUPONT : Là, je vais devoir m’excuser un peu car on n’a pas eu trop de temps pour découvrir la ville. Sinon, c’est une assez grande ville, charmante et plutôt calme.
Toutes les interviews ont été réalisées par Noel GNIMASSOU assisté de Mlle Mamadjan DIALLO.