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24 Avril 2009

Après être descendus à Conakry à l’assaut de la Présidence pour demander l’implication et l’arbitrage de Moussa Dadis CAMARA, les travailleurs de Rusal-Friguia sont toujours dans l’attente du règlement de leur requête.
On se souvient que le débat qui avait suivi avait permis de mettre au grand jour les conditions de la braderie de l’usine d’alumine de Fria et l’échec des négociations salariales. Plusieurs décisions avaient été prises et tout laissait croire à un règlement rapide du différent qui opposait la direction aux travailleurs et surtout la récupération par l’Etat de ce joyau industriel qui fait la fierté de tout un pays.
Si c’est vrai qu’il ne faut confondre vitesse et précipitation, on reste un peu amer sur les récents évènements qui ont
lieu au sein de l’usine. A tort, plusieurs sites d’information avaient déclaré dans leurs colonnes que le DG était interdit de séjour à Fria par le Préfet. Cela n’a été vrai que pour un seul
jour. Le DG, Mr Vladimir KRYUCHKOV est toujours à Conakry mais continue à donner des ordres depuis Conakry. Il ne désespère pas de revenir à la Direction et entend restaurer son autorité
comme avant la crise.
Une de ses premières décisions est de vouloir couper les 8 jours de grève de la paie de ce mois d’Avril, en conformité selon lui avec le code de travail guinéen. Aidé en cela par Ekaterina KRPOCHEVA ancienne DRH de la CBK, dépêchée de Moscou pour la circonstance et pour combler les insuffisances de l’actuel DRH, il persiste et signe dans sa volonté de faire appliquer cette décision. Vivant dans la précarité et attendant toujours ce fameux SMIC qui ne pointe toujours pas son nez à l’horizon, les plus déterminés des travailleurs ont d’ores et déjà prévenu : à la moindre coupe dans le salaire, ils repartiront en grève et expulseront définitivement l’obstiné DG et tous les russes de l’usine et de Fria. A cet effet, un slogan circule d’ailleurs en ce moment dans l’usine : « Touche pas à mon salaire et paye mon SMIC ! ».
Un autre fait qui témoigne de l’immobilisme de la situation est la levée de l’interdiction des activités des sous-traitants de Rusal (EMF, EMG, RICK, BIEX et CGG). A peine deux semaines après un arrêté ministériel les suspendant, ils ont été autorisés à reprendre leurs activités hier mercredi 22 avril et sans conditions. Officiellement, la présence d’une mission d’audit en serait la raison. Mais que dire de cette mission qui travaille avec un manque criant de moyens : ils ne doivent de disposer de locaux et d’ordinateurs qu’à la générosité de ceux-là qu’ils sont venus auditer. On ne voit pas comment ils pourront travailler dans l’intégrité et l’indépendance au point que certains qualifient même cette mission de mascarade tant on connaît la capacité de corrompre des russes et leur acharnement à toujours obtenir ce qu’ils veulent.
Bref, deux semaines après la suspension de la grève et la reprise du travail, presque rien n’a changé et la Direction est en train de récupérer ses parcelles de pouvoir et d’autorité qu’elle semblait avoir perdues. Le tout, sans vouloir régler le contentieux du SMIC et surtout sans chercher à rétablir la confiance pour un partenariat sûr avec les travailleurs gage d’un retour à la normale et à un climat plus apaisé.