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12 Avril 2009
IV CONSIDERATIONS D’ORDRE ENVIRONNEMENTAL (chapitre VII du mémo)
En 2004, Rusal a volontairement dégradé la qualité granulométrique de la production en faveur de sa quantité, en supprimant une tranche du procédé d’agglomération.
Après cette modification, à cause des envolements de poussière provoqués par l’affinement du produit, l’alumine de Fria trouverait difficilement, en dehors de Rusal, un autre acheteur sur le marché international.
Depuis 4 ans, le barrage à boues de Doté III est plein. Depuis 2 ans C.G.G tente vainement de réhabiliter l’ancien barrage de Doté I pour empêcher le déversement des boues dans le fleuve Konkouré.
La procédure d’étude d’impact décrite dans le code guinéen de l’environnement (ordonnance n° 045/PRG/87) et son décret d’application n° 199/PRG/SGG/89 n’ont pas été observés par Rusal, avant de réaliser les aménagements ci-haut cités.
Recommandations
Les autorités guinéennes doivent veiller que la législation et la réglementation nationales, particulièrement celles relatives à la protection de l’environnement, soient bien observées par les compagnies étrangères opérant dans le pays.
L’usine de Fria étant un patrimoine guinéen, l’Etat doit être consulté pour tout projet de modification importante partielle ou entière de l’unité.
La compagnie Rusal doit être tenue d’associer les cadres guinéens de l’entreprise, à la conception et à l’exécution de projets pouvant influencer le fonctionnement de l’usine ou avoir un impact sur l’environnement.
V CONSIDERATIONS SOCIALES (chapitre VIII du mémo)
L’usine et la ville de Fria ont été construites sur un coin de brousse enclavé, éloigné des grandes agglomérations voisines que sont Conakry, Kindia et Télimélé. La main-d’œuvre a été recrutée dans toutes les régions naturelles de la Guinée et installée à Fria. Les conditions de satisfaction sur place des besoins vitaux des travailleurs et de leurs familles, et un cadre de vie attrayant ont été créés pour faciliter l’adaptation à cet endroit isolé, d’une population déplacée, majoritairement jeune.
Des logements pourvus en eau et électricité, un hôpital de référence, un jardin d’enfants, des centres de loisirs et de sports, ont été construits. Un économat pour la distribution de vivres, un service de transport des missionnaires et des familles vers Conakry et retour, ont été créés. Pendant longtemps ces acquis sociaux ont fait de la ville de Fria un objet de fierté pour ses résidents et de convoitise pour les chercheurs d’emploi en Guinée.
Cette qualité de vie fut tant bien que mal maintenue jusqu’au début des années 90.
En 1993, en application d’un accord entre le Gouvernement Guinéen et ses partenaires de Frialco pour réduire le déficit sur la vente de l’alumine de Friguia, ces acquis sociaux furent remis en cause. L’économat fut supprimé, la consommation d’eau et d’électricité contingentée, la prise en charge de l’entretien des logements des travailleurs supprimée, le jardin d’enfant fermé, le budget de l’hôpital réduit, le transport des missionnaires et des familles sous-traité.
Un état des lieux quatorze ans après la prise de ces mesures antisociales, est fait au chapitre VIII du mémorandum.
Recommandation
On a vu au chapitre financier que de 2000 à 2005 l’usine a généré des bénéfices pouvant être estimés à 1 milliard US $ au minimum.
Donc la remise en cause des avantages sociaux des travailleurs de l’usine pour pallier les déficits conjoncturels connus par Friguia dans les années 90, ne se justifie plus.
Par conséquent, le syndicat peut aujourd’hui légitimement revendiquer le rétablissement intégral de tous les acquis sociaux. Cela permettrait de désamorcer une crise sociale latente, couvée par la disparité trop manifeste de niveaux de vie entre les expatriés et les guinéens.