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1 Avril 2009
Délégation du CNDDComme annoncé dans un précédent article, les négociations autour du SMIC entre la Direction Générale de Rusal-Friguia et le syndicat qui devaient se terminer ce mardi 31 mars, se sont soldées par un échec cuisant.
Pour rappel, en 2006, un forum syndical inter minier avait recommandé l’instauration d’un SMIC (salaire minimum) dans toutes les entreprises des secteurs mines, carrières et industries chimiques en Guinée. Ce salaire minimum qui s’élève à 300 dollars US devait être appliqué à toutes les industries minières en fin 2008 au plus tard et avait été fortement soutenu par l’ancien ministre des mines, Mr Ahmed KANTE. A ce jour, toutes les industries (malgré la crise) ont commencé à l’appliquer sauf les deux usines de Rusal. Des négociations avaient pourtant commencé courant décembre mais s’étaient soldées par un premier échec obligeant le Syndicat à déposer un préavis de grève. Ceci conduira le CNDD à envoyer en début février une mission de médiation conduite par le secrétaire général du Ministère des Mines Mr Aboubacar Koly KOUROUMA. Ils prendront l’engagement de trouver une solution au plus tard le 31 Mars contre la suspension du mot d’ordre de grève. Ce qui fut obtenu pour donner libre cours aux négociations. Malgré qu’il ait mis tout son poids dans la balance en tant que modérateur, la Direction Générale restera inflexible sur sa position.
Il a donc fallu venir hier mardi rendre compte aux travailleurs de l’échec de ces négociations. Dans son discours, il s’est dit déçu du comportement du DG qui n’a fait que de maigres propositions en ne proposant que 123 millions Fg d’augmentation sur toute la masse salariale. Après répartition sur les différentes catégories, le plus salaires se contentera de 120 000 Fg (24 US dollars) et le plus haut salaire de . . . 2 300 Fg (0.46 US dollars). Quand on sait que le plus bas salaire se situe autour de 380 000 Fg (76 US dollars), il y a de quoi franchement rigoler car il se situerait alors seulement à 500 000 Fg (soit 100 US dollars).
Même leur avocat avouera en privé qu’il ne comprend pas l’entêtement de ses clients. Mais plus que de l’entêtement, il s’agit surtout du mépris et de l’arrogance avec laquelle ils traitent nos responsables. Pendant ces mêmes négociations, la Direction s’est permis de licencier trois agents malades et s’apprêtaient à faire de même pour trente autres dont le contrat est actuellement suspendu. La riposte du Collège Syndical les obligera à faire marche arrière.
Il ne fait pas de doute que les négociateurs que nous avons en face de nous ne sont ni plus ni moins que des marionnettes télécommandées depuis Moscou. Le Secrétaire Général du Ministère, Mr Koly KOUROUMA a d’ores et déjà pris ses responsabilités : avec l’aval de son ministre, il a décidé de suspendre les cinq sociétés écrans de sous-traitance de Rusal à Fria en attendant la fin des pourparlers. L’ordre de suspension a été transmis à la délégation de Rusal à Conakry. Il a également rassuré les travailleurs que les négociations restent ouvertes mais à Conakry et avec ceux de Moscou.
Avec l’espoir que ces décisions permettront de sortir rapidement de la crise, les yeux sont tournés à la fois vers le Capitaine Dadis et vers Moscou pour trouver une solution somme toute acceptable à cette revendication qui est reste légitime et surtout faisable.