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30 Mars 2009
"...Le Seigneur demanda à voir mon travail. Je m'exécutai et le lui montrai. Il vit que cela était bon; cela lui plut beaucoup ! Ensuite, il demanda à voir mon salaire. Je le lui montrai également. Il le vit, se tourna, et se mit à pleurer..."
C’est ainsi qu’on pourrait résumer la situation des travailleurs de l’usine Friguia de Rusal à Fria. A quelques jours de la date butoir fixée par le CNDD afin que la Direction et le syndicat trouvent un accord sur le différend qui les oppose à propos de l’application du SMIC au sein des unités de Rusal.
L’ultimatum étant fixé le 31 mars, on ne voit toujours pas sortie de crise tant chaque partie campe sur ses positions et reste inflexible. Jusqu’à ce jour, aucune négociation n’a abouti : le syndicat exige toujours l’application de la recommandation du forum inter minier qui instaure un SMIC (soit 350 $) dans le secteur rentable des mines. La Direction, quant à elle, estime ne pouvoir appliquer cela qu’après le mois de Juin et sous certaines conditions : suppression des primes, réduction du personnel, réduction de certaines dépenses jugées non capitales, etc. . . On voit que tout ce manège ne vise qu’un objectif : conserver la même masse salariale mais en la redistribuant à moins de personnes. Ce qui gonflerait les salaires à coup sûr, mais ne saurait satisfaire la grande majorité des travailleurs.
En attendant, chacun se prépare à affronter la grève comme si aucun accord n’était plus possible. Le CNDD avait pourtant mis son poids dans la balance en demandant de surseoir à toute grève avant la fin mars. Malgré cela et malgré le forum minier qui se tient en ce moment, rien n’a pu être mis sur la table. La Direction a déjà commencé les réquisitions pour assurer un service minimum pendant la grève alors que les travailleurs se préparent à occuper les installations pour empêcher cela et même interdire l’accès de l’usine à tout le personnel expatrié.
Pour les jours qui restent, les regards sont tournés vers Conakry et le CNDD. Moussa Dadis CAMARA, dont le show tient en haleine les guinéens tous les soirs, attend peut-être la dernière minute pour trancher.
En tout cas, les friakas y croient toujours.