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20 Mars 2009

Pendant les recherchesVous vous rappelez surement de la jeune fille qui s’était noyée le 8 mars dernier dans le fleuve Konkouré. Son corps n’avait été retrouvé que le lendemain aux environs de 14h.
En l’absence de sauveteurs professionnels disposant de matériel de plongée et d’équipements permettant de fouiller dans les recoins du Konkouré, il a fallu faire appel à des jeunes nageurs pour tenter de retrouver le corps de la jeune Adèle.
Celui qui a retrouvé le corps et qui est en passe de devenir un héros s’appelle Sékou CAMARA et est le fils d’Aminata ‘‘Bébé’’ (une sœur de Faras). Il revient ici en détails sur les conditions de cette longue journée de lundi qui a permis aux parents de la noyée d’enterrer leur fille disparue.
Sékou CAMARA raconte : ‘‘Je m’appelle Sékou CAMARA élève en 10ème année à l’école LA SOURCE et je fais de la natation depuis mon bas âge car j’habite tout près de la piscine. Le jour de la noyade d’Adèle, j’ai été interpelé par des amis qui m’ont dit que le Maire et un jeune sont à ma recherche. Inquiet, je suis passé le voir la même nuit et il m’a dit qu’ils sont passés me voir car on l’a orienté vers moi en disant que j’étais la seule personne capable de retrouver le corps de la fille qui s’est noyée au Konkouré. Il faisait déjà nuit alors je lui ai répondu que c’était possible le lendemain matin mais à la seule condition qu’il aille le demander à ma grand-mère d’abord.
Le lendemain, dès 6h, le Maire était déjà là mais comme ma grand-mère dormait, on est partis sans la prévenir. De 6h à 8h, on était avec trois autres nageurs et mon entraîneur dans l’eau. Après 8h, ils ont tous renoncé sous prétexte que les caïmans ont du emporté le corps. D’autres personnes sont venues et on a continué à chercher jusqu’à ce que le Maire nous apporte le petit déjeuner vers 11h. Jusqu’à midi, j’étais seul et complètement désespéré. Sans parler de la fatigue. Je suis donc remonté de l’eau en disant que je ne pouvais plus rien faire. Mais avec les prières du prêtre, du Maire et de certains de la famille, je suis revenu sur ma décision et c’est là que je suis retourné dans l’eau pour la dernière fois. Heureusement qu’après quelques minutes, j’ai retrouvé le corps à environ 6 mètres de profondeur : elle était là les yeux ouverts et coincée entre deux roches. A sa vue, j’ai quand même pris peur. Je suis remonté à la surface prévenir les autres de la découverte en disant que seul, je ne pourrai pas la remonter. Après un moment de discussion, je suis redescendu avec deux jeunes qui n’ont pas pu aller au fond donc, j’ai du remonter seul le corps sur la rive. J’ai cru à un moment que ma tête allait exploser tant la pression de l’eau était forte.
Je reconnais aujourd’hui que j’ai pris un grand pour plonger sans équipements mais l’essentiel était de retrouver Adèle. Je conseillerais même aux meilleurs nageurs d’éviter de se baigner à cet endroit car le courant y est très fort. Heureusement que tout s’est bien passé pour moi mais je déplore que plus personne n’est venu me rendre visite pour savoir au moins si je me sentais bien. C’est vraiment dommage.’’
Entretien recueilli par Mlle Mamadjan DIALLO