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16 Mars 2009
Hier dimanche 15 mars 2009, une manifestation aussi soudaine que confuse a perturbé la ville de Fria qui, décidément, a bien du mal à faire un trimestre sans une agitation sociale.
La cause de cette pagaille a un responsable tout désigné : les tarifs du transport routier interurbain et dans la ville même. Depuis la baisse du prix du carburant à la pompe en fin février, rien n’a été fait pour soulager les passagers qui reprochent aux autorités de n’avoir rien fait pour réajuster les tarifs. La fronde est partie de Tabossy où visiblement très bien organisées, les populations ont érigé vers 7h des barrages en trois endroits : devant la Maison Rouge à la CD, devant la Mosquée de Tabossy et au rond-point de la Mine par où les véhicules passent à destination de Wawaya, Södiörè et Télémélé. Sûres de leur coup, elles n’ont pas jugé utile de bloquer la route de Conakry mais plutôt celle de Wawaya. Cela s’explique par le rôle stratégique que joue ce village dans l’approvisionnement de Fria en produits agricoles, fruitiers et autres volailles et bovins. Le marché hebdomadaire qui s’y tient tous les dimanches est vital pour Fria. Sans parler des vendeuses de bonbons glaces, beignets, jus de bissap, etc. qui écoulent leurs produits sur la place du marché de ce village.
Malgré des médiations et parfois des supplications, aucun véhicule ne franchira le barrage en direction de Wawaya, en tout cas jusqu’au-delà de 13h. Les populations de Tabossy resteront fermes et intransigeantes. Par mécontentement, et aussi pour obliger les autorités à trouver une solution rapide à ce problème, les femmes vendeuses de la ville dresseront un autre barrage en guise de protestation au niveau de la gare routière et ce dès 10h 30. Aucun véhicule n’a pu ni entrer en ville, ni sortir de la ville. Nous qui avons travaillé ce jour (et oui, même le dimanche parfois on bosse), avons du descendre vers Tigué pour remonter par la route très chaotique du cimetière avant de rentrer à la maison.
Finalement, une équipe composée de conseillers communaux et du syndicat des transporteurs finiront par réussir à faire lever les barrages de Tabossy avant que ceux de la gare ne consentent à faire de même.
La paralysie a tout de même duré près de 7h et à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons toujours pas quelles sont les promesses faites par les autorités et quels sont les nouveaux tarifs.