1er site d'information guinéen basé essentiellement sur l'actualité d'une ville : Fria en Guinée depuis 2006
8 Mars 2009
« Comme vous êtes très généreux de vous pencher sur moi ! En effet, je suis né le 25 juin 1973 à Fria. J’y ai passé l’essentiel de ma scolarité. Et c’est à Conakry que j’ai eu mon baccalauréat : un sésame qui m’ouvrit les portes de la faculté des Sciences humaines de l’Université de Conakry. J’obtins, entre-temps, mon Deug d’espagnol, avant de fouler la France. Plus précisément la capitale de la Champagne et la terre des sacres des rois de France : Reims. Au cœur de cette ville-métropole, je préparai donc mon concours pour intégrer un institut supérieur de journalisme à Paris. Je réussis. Là, j’ai vraiment appris, pendant deux ans, le sel de mon métier de journaliste : droit de la presse, initiation à l’écriture journalistique, travail-voix, présentation des flashes et de la revue de presse… Tout cela ponctué par des séries de stages notamment à Radio Notre-Dame, à Africa N°1. Et d’un contrat de consultant à l’Unesco : mon travail dans ce temple mondial, dédié à la culture, consistait à réaliser, sous le sceau du Programme de production radiophonique de l’Unesco, une galerie d’émissions à destination des Radios Guinée, Madagascar et Maurice. Actuellement j’anime une rubrique sportive hebdomadaire pour le journal « l’Union de Reims. » »
« Vous savez je dois immensément à la ville de Fria. Cette terre (que j’aime nommer poétiquement Terre de la Poudre Rouge) a contribué à poser les jalons de mon épanouissement intellectuel et humain. Je revois encore ses rues éclairées par des réverbères, ses kermesses de fin d’année, le Terrain Rouge, ses filles prodigieusement belles et élégantes (ah ! si elles savaient comme je les aimais ! ) J’entends encore les alléluias de son église, Christ-Roi, où je reçus l’onction baptismale. Hélas, ce que je tente de décrire, à présent, est loin de la réalité contemporaine. Les récits de Noël Gnimassou, dont je salue le talent et l’enthousiasme, nous donnent si souvent l’illustration. Fria a perdu ses habits de fête et de beauté. Cela m’attriste. Je suis de ceux qui ont beaucoup regretté le départ des Français. Ils avaient réussi à faire de Fria, alors même que le communisme suicidaire de Sékou Touré était à son apogée, un petit paradis terrestre. A Fria, on bâtissait, on s’instruisait, on se soignait, on accueillait, on dansait, on rigolait. Ceux, qui dirigent aujourd’hui l’usine, doivent savoir que Fria n’est pas un puzzle où chacun vient prendre ses pièces, sans vergogne. Où l’on s’enrichit au détriment des desiderata légitimes de la population. Cette dernière doit profiter des perles de son sous-sol. C’est une question de justice sociale. »
« J’ai souhaité créer Africanus.over-blog.com, car, j’estime qu'en Occident notre continent est souvent captif des stéréotypes. On parle beaucoup de lui lorsqu’il y a famine, génocide, putsch… Rares sont les gazettes qui relatent cette Afrique qui va à l’école, qui proclame les droits de l’homme, qui crée, qui se bat pour s’en sortir. Tenez, le Ghana a fait une belle transition démocratique, personne n’en a parlé, avec toute son ampleur. Oui, Africanus veut être ce blog d’information qui n’oubliera pas l’expérience ghanéenne, qui dira une journée en Afrique, qui donnera la parole à des experts (…) Mais Africanus n’hésitera pas de dénoncer ceux qui s’y opposeront à l’émergence d’une véritable démocratie. Pour paraphraser, Dostoïevski, seule, la démocratie sauvera l’Afrique. Telle est ma foi, telle est mon espérance en cette patrie bien-aimée qui enfanta l’humanité. »
« En fait, mes loisirs se résument à un triptyque : jazz, théâtre, littérature. Puisque je suis un insomniaque je passe mes nuits avec mes auteurs de prédilection : Césaire, Senghor, Rimbaud, Dostoïevski, Le Clézio. Je n’oublie pas ceux d’Amérique : Ernest Hemingway, Toni Morrison, Philip Roth. »