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18 Février 2009
Dr Bouba Bangoura
Dr Kankalabé DIALLO
La Préfecture de Fria est en train de vivre au rythme des élections syndicales des différents départements de l’administration préfectorale.
Prévue pour durée de trois jours, ces différentes se déroulent selon le programme suivant : la journée du 11 février pour l’Administration, les Finances, l’Alimentation et la Sotelgui ; le 12 février pour l’EDG, la Santé et le Développement rural ; enfin la journée de Vendredi pour la Justice et l’Artisanat. Des commissions de l’ULTF (Union Locale des Travailleurs de Fria) sillonnent les différents départements pour organiser les scrutins dans la transparence et la légalité. Nous avons retenu la journée de Jeudi pour vous relater celle qui a concerné le renouvellement du bureau syndical préfectoral de la santé avec à sa tête Dr Boubacar BANGOURA secrétaire Général sortant et Chef du Service Gynécologie de l’Hôpital Préfectoral, candidat à sa propre succession. Son adversaire n’est autre que Mr Kankalabé DIALLO en service à la Direction Préfectorale de la Santé. Duel ‘‘confratricide’’ entre deux médecins qui servent à Fria depuis déjà pas mal de temps.
Mais avant d’en venir au déroulement des votes, il faut rappeler deux faits : d’abord, la pluralité syndicale si chère à certains n’est pas de mise dans l’administration où tous les candidats se présentent sous la bannière de la CNTG qui est la Centrale Mère de toutes les Centrales Syndicales du pays même si elle a aujourd’hui du mal à conserver son leadership dans le secteurs minier notamment.
Deuxième fait et non des moindres, le CNDD avait suspendu toutes les activités syndicales au lendemain de sa prise de pouvoir. Ces élections se tiennent alors qu’aucun décret n’est venu lever cette interdiction.
Cela peut s’expliquer par le fait que le syndicalisme peut difficilement être interdit surtout dans le contexte de crise économique et sociale que traversent le monde et notre pays. Cette situation fait des syndicats des partenaires indispensables pour les politiques dans les prises de décision.
Rappelons qu’aux pires heures du Parti Unique dans notre Guinée et aussi dans d’autres, rares sont les pays où les syndicats ont été interdits d’activités comme l’ont été les partis politiques.
Pour en revenir aux élections de ce jeudi 12 février 2009, l’attente a tout de même été longue. Prévu pour 12h, le scrutin n’a commencé que vers 15h. A l’arrivée de la commission de supervision, les candidats ont été présentés avant que l’équipe sortante ne vienne présenter son bilan qui semble honorable si l’on en croit les applaudissements qui ont suivi. Après avoir procédé au dénombrement des électeurs, composés exclusivement des personnels opérant dans le domaine de la santé publique, le vote a pu se dérouler sans incidents et le décompte final a été sans appel. L’équipe sortante a réalisé un score au-delà de toute espérance faisant mieux que le scrutin de 2006. Dr Bouba comme on l’appelle communément pouvait savourer sa victoire : son équipe a recueilli 92 voix contre 33 à son adversaire. Soit les ¾ des suffrages exprimés.
Cris de joie, danses de supporters, ovation du gagnant, tous les ingrédients des dernières présidentielles américaines étaient là. On a pu lire sur certaines pancartes : ‘‘VICTOIRE AU CNBB SANS ETHNOCENTRISME’’. BB étant les initiales de Boubacar BANGOURA le grand vainqueur du jour.
Comme pour faire allusion à la grande popularité dont jouit le Capitaine Moussa Dadis CAMARA président du CNDD. Ironiquement, les mauvais linguistes de Conakry disent que CNDD veut dire en soussou : ‘‘CONTE Nan Dadis Dökhi’’.
En soussou, cela veut dire : C’est CONTE qui a installé Dadis au pouvoir . . .