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1 Février 2009
Le bras de fer qui opposait la Direction de Rusal-Friguia au collège syndical autour de l’application du SMIC vient de se terminer sur un constat d’échec.
Les négociations qui semblaient pourtant bien parties n’ont abouti sur rien à ce jour. Sur fond de crise financière internationale et de changements politiques en Guinée, ni la Direction ni le syndicat n’ont pu s’entendre sur ce qui aurait du soulager les travailleurs de cette usine qui vivent dans des conditions très précaires.
Une première médiation des autorités régionales de la région de Boké avait laissé entrevoir une solution, poussant même le syndicat à suspendre son préavis de grève pour se remettre à la table des négociations. Une commission conjointe avait commencé à travailler sur la mise sur pied d’une nouvelle grille salariale et elle devait rendre son rapport cette semaine. Mais, pendant les travaux, la visite inopinée d’Anatoly PATCHENKO ancien représentant de Rusal en Guinée et ancien président de la Chambre des Mines de Guinée est venue réduire à néant tous les efforts accomplis depuis. Connu pour son franc-parler et surtout ses relations particulières avec le feu Général Président CONTE, PATCHENKO passe pour un grand corrupteur et un grand manipulateur. Même si cela n’a jamais été formellement établi par une justice qui a d’autres soucis. Instigateur de la fameuse Coupe de Rusal dotée du trophée du Général Lansana CONTE, la 8ème édition commencée le 21 décembre 2008 s’est achevée prématurément le lendemain avec la mort du Président CONTE. Ironiquement, il serait venu rebaptiser sa Coupe pour lui donner le nom de ‘‘Coupe du Capitaine Moussa Dadis CAMARA’’. Plus sérieusement, prétextant connaître les guinéens et surtout se disant capable de les contenir, il a mis fin aux négociations en disant haut et fort que l’usine est la propriété de Rusal et que rien ne sera concédé pour l’instant. Le Collège Syndical a claqué la porte des négociations et a été convoqué le lendemain à Conakry où ils rencontreront les principaux conseillers de la Présidence et de la Primature. Répondant certainement à un réflexe de militaires, ceux-ci leur parleront plus de leurs préoccupations en matière d’ordre public que de salaires décent pour les travailleurs guinéens.
Dépité, le Collège Syndical à son retour n’aura d’autres choix que de lever la suspension du préavis de grève pour le déposer sur la table du DG ce vendredi matin. Légalement, il reste trois jours francs pour aller en grève si aucun accord n’est trouvé d’ici là. Et au point où sont les choses, rien ne semble vouloir décrisper la situation. Et ce serait une première parce que ce serait la 1ère fois que des négociations échouent et qu’un préavis aille jusqu’à la grève. Toutes les grèves précédentes n’ont été que des grèves spontanées et ‘‘sauvages’’.
Comme si la déclaration de guerre était déjà effective, chaque camp fourbit ses armes pour assurer un service minimum pendant le débrayage.
La semaine qui commence sera donc décisive.
Pour terminer, nombreux sont les travailleurs qui font porter la responsabilité de cet échec au Collège Syndical sortant qui n’a déposé la recommandation du forum inter-minier qu’en fin 2008. Alors que les syndicats des autres unités minières l’avaient fait dès le lendemain de ce forum en 2006.
Ils ont eu deux ans de négociations avant l’application de ce SMIC qui fait le bonheur de ces unités minières mais qui se fait toujours attendre à Fria.