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14 Janvier 2009
Une grogne sociale (une énième) met aux prises la Direction Générale au Collège Syndical de l’Usine fraîchement réélu depuis quelques jours. La pomme de discorde : l’application du SMIC (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) minier en Guinée fruit des recommandations des deux derniers forums des ressources humaines et des Syndicats du secteur minier.
Ce forum qui se tient tous les ans avait plaidé pour l’instauration d’un SMIC dans le secteur des CMIC (Carrières, mines et industries chimiques). Ce SMIC qui s’élève à 350 dollars par mois devait être appliqué au plus tard en début Janvier 2009 par tous les signataires de cette résolution.
Une mission du Syndicat de Friguia qui s’est rendue à Kamsar et dans d’autres unités du pays constatera que toutes les unités avaient déjà commencé à appliquer ce SMIC sauf . . . Friguia-Rusal.
Depuis le mois de Novembre, les ouvriers avaient déjà commencé à mettre la pression sur leurs représentants syndicaux mais selon le calendrier, les négociations avec la Direction ne devaient s’ouvrir qu’au mois de Janvier 2009.
Fidèle à ses habitudes, le DG commencera par évoquer la crise financière mondiale pour dire que cela ne serait pas possible avant le mois de Juillet. Puis de rajouter que la masse salariale devait revue à la baisse pour permettre l’application d’une telle mesure. Les négociations ont continué toute la semaine sans parvenir à une issue acceptable. Chacun campant sur ses positions.
Rien n’ayant abouti, le syndicat a donc déposé vendredi un préavis de grève illimitée jusqu’à satisfaction sans conditions des revendications. La loi stipule que le préavis a une durée légale de dix jours ouvrables, si grève il y a, et surtout si les négociations qui restent ouvertes n’aboutissent pas, on devrait aller en grève le jeudi 23 janvier.
Si chaque partie semble croit en la justesse de ses arguments, il faudrait néanmoins se poser quelques questions : pourquoi Rusal se traîne-t-elle en queue de peloton des salaires du secteur minier en Guinée ? Comment la CBG a-t-elle pu appliquer ce SMIG malgré la crise et surtout malgré des licenciements de près de 10% des effectifs d’ALCOA à travers le monde ? Est-il décent de payer un ouvrier à moins de 100 dollars dans une entreprise qui fait des millions de profit ?
En l’absence d’un gouvernement, avant la révision tant attendue des conventions minières et surtout avant la date fatidique du 23 janvier, tout le monde espère voir le contentieux du SMIC réglé pur le bien de tous.