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10 Décembre 2008
I) Les constructions urbaines
Pendant nos excursions dans les villes telles que la capital Conakry et Fria, nous avons observé que la majorité des constructions étaient en briques creuses revêtues d’enduits en ciment. Les toitures sont le plus souvent en tôle ondulée éléctrozinguée ou en tôle pré-laquée. Le soleil et la pluie ont pour la plupart du temps décoloré le revêtement qui prend un aspect mat.
Dans les quartiers populaires, d’un point de vue urbanistique il n’existe pas de trottoirs, et rarement de systèmes d’évacuation des eaux sauf dans les quelques quartiers privilégiés de la capitale. Dans les quartiers pauvres la plupart des constructions sont issues de matériaux récupérés notamment les tôles et structures en bois.
II) Les constructions rurales
A) Les bâtiments administratifs
Quant à notre séjour dans le village de Sombory, la plupart des bâtiments administratifs issus de l’époque coloniale sont construits en béton armé, sur une dalle de béton. Comme l’exemple de notre projet de rénovation, qui incorpore dans toute la surface de la construction, y compris la terrasse, une seule dalle de béton sur laquelle les poteaux en bétons prolongent la toiture qui couvre la terrasse. La charpente est constituée de bois tropicaux naturels que l’on traite afin de limiter les dégâts dus à l’humidité.
L’école du village, qui date de l’époque de la colonisation, est une construction adaptée pour que les cours puissent être possibles durant des périodes de grande température. Notamment un
sur-élévement du toit laisse un espace de près de 20 cm entre les murs et le toit pour permettre le renouvellement de l’air. De plus il n’y a pas de fenêtres mais des grilles qui participent
également à la meilleure circulation de l’air.
C) L’habitat rural
Quant aux habitations, il en existe plusieurs types au sein du village, en fonction de la richesse des propriétaires nettement distinguables par les matériaux utilisés. En revanche, elles conservent une particularité commune : la cuisine externe à la maison sous forme d’une hutte. Premièrement, les maisons du type « bourgeoise » du village sont en général construites sur une dalle de béton et avec de matériaux de construction solides. Comme nous le montre la maison du tailleur du village qui semble posée sur une dalle de béton d’où émergent les soubassements (40 cm). Le reste du mur extérieur est constitué de briques cuites faites au village. La toiture est formée de tôles plus ou moins anciennes et abîmées.
La particularité commune est donc la cuisine se trouvant à l’extérieur de la bâtisse d’habitation notamment sous forme de huttes.
Les matériaux utilisés sont d’une part un toit végétal appelé communément en « paille » qui doit être renouvelé tous les 1 à 2 ans selon les dégâts plus ou moins importants de la saison des pluies, d’un petit muret circulaire en terre cuite qui permet de se protéger du vent, et de poteaux en bois qui permettent de soutenir le toit. La structure du toit est formée d’un ensemble de troncs d’arbustes en forme de cône, liés entre eux par des lianes fixé en brêlages qui assure la rigidité de l’ensemble.
D’autre part, les maisons populaires sont construites avec les matériaux de proximité les plus rudimentaires. Elles se composent d’une structure poteaux en bois lié entres-eux par des lianes, supportant la charpente et la toiture, plantée à même le sol. Leurs empreintes au sol forment un rectangle ou un hexagone. L’ajournant de l’assemblage est comblé de pierres, elles-mêmes colmatées par de la glaise. On y pénètre en général par une unique porte ouvrant sur une grande pièce unique, une ou deux fenêtres fermant uniquement par des volets. Les sanitaires sont situés à l’extérieur comme les cuisines.
De nouveau la toiture est fabriquée suivant les mêmes techniques que celles des cuisines extérieures, mais avec des troncs de section supérieure. L’assemblage avec la charpente semble plus sophistiqué. Ci-dessous une maison de type populaire.
En conclusion, nous avons été frappés par l’écart entre les constructions individuelles issues des techniques traditionnelles et les bâtiments contemporains datant de la période coloniale qui sont particulièrement dégradés faute de moyens pour les entretenir. Les constructions n’ont connu aucune évolution depuis cette époque. Nous n’avons pas vu de bâtiments modernes qui prendraient en compte les préoccupations des pays développés en matière d’habitat : adaptation à l’environnement dans une dynamique de développement durable par exemple. Il reste encore un long chemin à parcourir pour que ces pays puissent développer une architecture moderne adaptée. Éventuellement inspirée des modes de construction traditionnels.
Dossier réalisé par Nathan Maugey suite au voyage de solidarité internationale à Tormelin -Guinée- par la BAU des scouts unionistes de Boulogne-Billancourt