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28 Novembre 2008
A 60 ans, Fodé DIALLO ‘‘Alonzo’’ est ce qu’on peut appeler une légende. Arrivé tout jeune à Fria (en 1960), il a vu la ville grandir, s’animer et a connu son âge d’or. Il a traversé ces décennies avec beaucoup d’amis pour la plupart disparus. Les quelques photos de son album sont impressionnantes : véritable trésor de souvenirs, de visages disparus, d’époques. Il nous brûlait d’envie de mieux connaître l’homme et de parler un peu de sa vie passée et actuelle.
Friainfo : Vous plus connu sous le nom d’Alonzo, mais pourriez-vous vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas ?
Alonzo : Je suis Fodé DIALLO ‘‘Alonzo’’ pour les intimes. Je suis arrivé à Fria en 1960. J’ai d’abord été marié à N’Mah SOUMAH qui est magistrate et avec qui j’ai eu enfants : Cheick qui vit aux Etats-Unis, Dalanda qui est aujourd’hui décédée et Nantènin qui étudie à Conakry. Je suis remarié en secondes noces à Fatoumata Malon KOUYATE et j’ai en tout sept enfants dont six vivants.
Friainfo : Quand avez-vous commencé à travailler à l’usine.
Alonzo : Je suis entré à l’usine le 1er Août 1971 à la piscine comme surveillant en 5ème catégorie. Le 10 septembre 1973, je suis affecté comme stagiaire surveillant à la Fabrication. J’ai été titularisé surveillant côté rouge le 1er Avril 1977. Et le 16 Octobre 1978, j’ai été muté à la Sécurité en tant qu’agent de sécurité où je suis resté jusqu’à ma retraite en 2003.
Friainfo : Il semble que vous ayez fait un accident vers 1977 ?
Alonzo : L’accident a eu lieu au Décanteur 12. On utilisait alors un adjuvent de décantation qui calait souvent les agitations des décanteurs. Il nous arrivait de purger régulièrement pour éviter que cela n’arrive. Après une purge, mes ouvriers n’arrivaient plus à refermer une vanne, j’ai du prendre mes responsabilités pour le faire. Malheureusement, j’ai glissé et je suis tombé dans une boue chauffée à 104 degrés et mélangée avec une soude à une concentration de 145 g/l. J’ai du être évacué vers la France pour des soins. Je suis revenu pour trois mois avant de repartir en 1978 pour une formation d’agent de sécurité avant d’aller me spécialiser chez les sapeurs-pompiers de Marseille.
Friainfo : Vous êtes à la retraite depuis 2003, dans quoi vous êtes-vous reconverti ?
Alonzo : Depuis ma retraite, j’ai trouvé un agrément pour offrir mes services et mon expérience dans la formation en sécurité industrielle et plus particulièrement en sécurité incendie.
Friainfo : Vous avez été l’un des meilleurs footballeurs que Fria ait jamais connu. On vous a aussi connu nageur, pongiste, etc. Vous avez été longtemps l’idole de beaucoup d’enfants. Parlez-nous de votre vie de sportif.
Alonzo : Bien, j’ai d’abord appris à jouer dans l’équipe de Kindia lorsque j’y étais pour passer mon bac. Nous avions même remporté en 1968 la Coupe Nationale qu’on appelait Coupe PDG. L’équipe était composée entre autre de Morciré SYLLA, La Valeur, Moise, Fantamady et David ‘‘Caïman Blanc’’ qui était notre capitaine. Ma spécialité était surtout les coups francs et les corners. Je n’ai pas joué la finale car j’étais blessé en demi-finale.
A mon retour à Fria, j’ai été promu capitaine-entraineur et j’ai eu à former de nombreux jeunes.
Je rappelle aussi que j’ai été champion de Guinée de ping-pong et membre de l’équipe nationale de natation. Ce qui m’a permis de beaucoup voyager.
Friainfo : Continuez-vous à pratiquer le sport aujourd’hui ?
Alonzo : Seulement de temps en temps. Lorsqu’il y a un petit match de gala entre vétérans. J’ai aussi cessé de faire mon footing matinal. Sinon, le sport vous permet de garder la forme même au-delà de la vieillesse.
Friainfo : Grand sportif et grand agent de sécurité, on vous a aussi connu comme un grand noceur et fêtard.
Alonzo : Avant de commencer le travail en Fabrication, le Syndicat, alors appelé CUP, m’avait confié la gérance du bar Bakary CISSOKO l’actuelle Bibliothèque Préfectorale. Les travailleurs venaient souvent là et comme je faisais beaucoup de faveurs, j’ai pu garder de bons amis avec qui on fait la fête de temps en temps.
A mon retour de France, j’ai fait ouvrir une boîte de nuit ‘‘La Colline’’ avec des amis tels que Mathieu, Sancho. Depuis ces temps, je suis devenu un homme d’ambiance et je prends la vie du bon côté.
Friainfo : Le mot de la fin.
Alonzo : Ma devise est : Il faut toujours bien vivre et vivre pour les autres.
Friainfo : Merci.