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13 Novembre 2008
Tous les experts financiers sont unanimes. Pour l’instant, l’Afrique n’est pas encore touchée par la crise financière mondiale. Mais un monde de plus en plus mondialisé, tel un jeu de quilles, la moindre crise en quelque endroit de la Planète se répercute dans quasiment tous les pays du monde.
L’Afrique qui ne participe qu’à peine à 1% du commerce international ne subira que des effets tardifs du fait de son faible niveau de développement et de la faiblesse de son système bancaire et financier. Mais à lire l’article de Natacha TATU du Nouvel Observateur, on a quelques raisons de déjà s’inquiéter. Oleg DERIPASKA, considéré comme l’homme le plus riche de toutes les Russies, est le principal actionnaire de la multinationale RUSAL actuel n° mondial de l’aluminium. Ses récentes pertes sur les marchés se sont élevées à plus de 12 milliards d’euros. Deux grandes usines d’alumine du groupe ont été fermées en UKRAINE et Friguia pourrait bientôt faire les frais de ces placements risqués et de ce krach boursier dont les plus pessimistes disent qu’on en a vu d’abord que la fumée. Le feu sera, disent-ils plus ravageur malgré les sommes colossales mobilisées par les banques centrales pour l’éteindre. De fermeture, il n’en sera pas question ici car, stratégiquement, on vit sur les plus importants gisements de bauxite au monde et les coûts de production sont parmi les plus bas. Mais les récentes mesures de restrictions budgétaires annoncées par le DG de Friguia, Mr KRYUCHKOV menacent bon nombre de PME qui réalisent l’essentiel de leurs activités avec RUSAL-Friguia. Des rumeurs circuleraient que la plupart d’entre elles devront cesser toute activité avant le début de 2009 cédant la place à des entreprises russes. Une telle décision, si elle est appliquée, a de quoi surprendre. En période de vaches maigres, pourquoi sous-traiter avec des entreprises qui coûteraient trois à quatre fois plus cher que les entreprises guinéennes ? En tout cas, les PME de Fria ont adressé un mémo à Mr Le Préfet de Fria (que nous publions) et ont même cherché à demander la médiation des plus hautes autorités à Conakry. Quand on sait que celles-ci ont d’autres problèmes à régler, on se demande quelle pourrait être la portée d’une telle décision. Les PME représentent le plus gros pourvoyeur de main d’œuvre et leurs prestations font vivre des milliers de familles. Leur fermer le robinet reviendrait à déclencher une énième révolte dont seul Fria a le secret. Même si la Russie dispose aujourd’hui de grands groupes industriels montés de toutes pièces depuis l’effondrement de l’empire soviétique pour combler son retard sur les pays occidentaux, elle doit une partie de sa récente prospérité aux PME. L’article de Tatiana TATU nous apprend que malgré les déboires des oligarques, la croissance de l’économie russe tournera autour de 5 à 6 %. Alors pourquoi vouloir priver l’économie guinéenne de la manne bauxitique sous prétexte de crise financière internationale ?
Je me rappelle enfin : on vit en Guinée et ça veut dire beaucoup de choses.
Abdoulaye Cire CAMARA