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13 Novembre 2008

La légende de la chanson sud-africaine Miriam MAKEBA, décédée à l’âge de 76 ans après une ultime apparition sur scène en Italie, a été l’une des grandes voix de la lutte contre l’apartheid, engagement qu’elle a payé de plus de trente ans d’exil.
Celle qui n’a "jamais chanté la politique, seulement la vérité" avait été bannie de son pays pour n’y revenir que trente ans plus tard, après la libération de Nelson Mandela qui allait devenir le premier président noir d’Afrique du Sud.
Née le 4 mars 1932 à Johannesburg, elle chante très tôt dans les mariages et autres cérémonies.Sa carrière professionnelle s’envole lorsqu’à 20 ans elle intègre les Manhattan Brothers, qui lui donneront son nom de scène, Miriam, puis les Skylarks, groupe exclusivement féminin.
Partie en tournée en 1959, elle apprend au festival de Venise qu’elle est indésirable dans son pays en raison de sa participation à un documentaire anti-apartheid, "Come Back Africa".
Réfugiée d’abord à Londres, elle gagne les Etats-Unis où elle devient célèbre grâce à son tube "Pata, pata" et "Malaïka"qui feront vibrer plusieurs générations. Elle publiera au total plus d’une trentaine d’albums.
Mais elle a payé de 31 ans d’exil son combat contre le régime raciste qu’elle dénonce jusque
devant l’Onu en 1963, ce qui lui vaut le retrait de sa nationalité et l’interdiction de ses chansons en Afrique du Sud.
Persuadée par Mandela, elle reviendra en 1990 pour la première fois sur sa terre natale.
La voix de MAKEBA a célébré toutes les indépendances du continent, d’où son surnom affectueux
de "Mama Afrika". En 1966, elle reçoit un Grammy
Award pour son disque "An evening with Harry Belafonte and Miriam MAKEBA".
Aux Etats-Unis, elle vit avec le trompettiste de jazz sud-africain Hugh MASEKELA, puis avec Stokely
CARMICHAEL, leader du mouvement Black Power. Jugé indésirable par Washington, le couple se réfugie en Guinée. Elle a d’ailleurs habité en face de la Case-Alu et les friakas qui y séjournaient ont
eu l’occasion de la voir à maintes reprises.
La fille unique de MAKEBA, Bongi mourra des suites d’une fausse couche en 1985. Ce qui la fera quitter sa terre d’adoption où elle ne reviendra que sporadiquement. Après la prise de pouvoir par les militaires, certains lui avaient reproché son fort attachement au feu Président Ahmed Sékou TOURE. Elle se défendra en rappelant qu’il lui a offert une patrie et un toit. Bon nombre de chansons de son répertoire ont été composés en soussou, pular et malinké.
Rentrée au pays en 1992, elle s’installe dans la banlieue nord de Johannesburg et fonde un centre de réhabilitation d’adolescentes sauvées de la rue. En 2005, fatiguée de voyager, MAKEBA entame sa dernière tournée. "Je dois aller autour du monde dire merci et adieu", explique-t-elle lors d’un entretien avec l’AFP.
"Après je resterai chez moi comme l’arrière-grand-mère que je suis (...) Puis je veux que mes cendres soient dispersées dans l’océan Indien. Ainsi je pourrai naviguer à nouveau vers tous ces pays."
Elle est morte comme elle l’a rêvée : sur scène. Puisse le Tout-Puissant l’accueillir en son Paradis et lui accorder le repos éternel.