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12 Novembre 2008

Cette semaine, nous vous prposons l'entretien que madame Claudine Sacko, épouse de El Hadj Toumany Sacko a accordé à Friainfo qui lui a rendu une visite de courtoisie à son domicile. Malgré l'absence de son époux qui se trouvait à la mosquée, madame Sacko nous a chaleureusement reçus. Rencontre.
Madame, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas?
Je suis Mme Claudine Sacko. Je suis née en France où j’ai fait l’institut d’infirmier. Après ma formation, j’y ai travaillé quelques années avant de rejoindre la Guinée après mon mariage avec mon mari qui était venu étudier en France.
Je suis à Fria depuis 1971. Quand nous sommes venus à Fria, mon mari a été d’abord embauché à l’usine comme ingénieur, ensuite ce fut moi comme infirmière à l’hôpital de la société Friguia. J’ai travaillé d’abord dans le service Médecine comme chef de service, et j’ai terminé ma carrière comme infirmière chef. Depuis ma retraite en 1992, je n’ai pas quitté Fria. Aujourd'hui, je suis guinéenne, mais je conserve toujours ma nationalité française.
Avez-vous des enfants ?
J’ai trois enfants dont l’ainé Antoine Sacko vit en France, marié et père de trois enfants. Il y a ma fille, Mariama Sacko, mariée à Conakry et mère de trois enfants aussi; et le dernier Pascal Sacko qui vit à Pittsburgh aux Etats-Unis. Il est marié et père d’une petite fille.
Qu’est-ce qui est devenu votre mari M. Toumany Sacko ?
Mon mari aussi est à la retraite. Il est maintenant El Hadj, et il passe tout son temps entre la maison et la mosquée où il a beaucoup d’activités. Disons que la mosquée est actuellement toute sa vie.
Quel est votre meilleur souvenir, depuis que vous êtes à Fria?
Mes meilleurs souvenirs, c’est quand je travaillais, parce que l’hôpital me manque beaucoup. Maintenant, je ne travaille plus et je suis un peu fatiguée. Mais, la meilleure période de ma vie, c’est quand j’exerçais mon métier. Quand je partais en France pour voir ma famille, je travaillais dans des cliniques comme intérimaire.
Vous avez eu la chance de connaître la ville et l’usine de Fria d’hier et d’aujourd’hui, quelle comparaison faites-vous entre ces deux périodes ?
Ces deux périodes sont complètement différentes. Quand je venais à Fria, je peux dire que c’était du paradis, car il y avait tout. La cité était bien organisée. Par exemple, pour les travailleurs de la société, il y avait un service Cité quand il y a des problèmes à la maison. Il suffisait de faire appel pour qu’on prenne tout en charge. La ville aussi était propre. On désinfectait pour éradiquer le paludisme. Il y avait un camion avec des insecticides qui passaient dans les cités. Mais, malheureusement, tout cela n’existe plus.
Que faites-vous actuellement avec votre statut de retraitée ?
Après ma retraite, avec M. et Mme Benjamin, des amis de toujours, on avait ouvert un restaurant, ce qui nous a un peu maintenus ici. Mais, actuellement, ça ne marche plus comme avant. Maintenant, il n’y a presque plus de possibilité à Fria.
Connaissez-vous le site Friainfo ?
Oui, je le connais très bien. Je l’ai connu à travers des amis qui sont en France et par Noël Gnimassou. Car, les expatriés gardent toujours des contacts pour avoir des nouvelles des anciens, etc.
Il parait que votre père est centenaire?
Bien sûr, mon père a plus de 100 ans. Et le 19 octobre, il a eu 100 ans et 6 mois. Il est venu à Fria, il y a une dizaine d’années où il a fait un mois. Il s’est beaucoup plu ici. Il a même été jusqu’à Kindia dans la famille de mon mari. Vraiment, il a beaucoup aimé la Guinée.
Si on vous demandait de choisir entre vos origines guadeloupéennes, la France et la ville de Fria, quel sera votre choix ?
Ecoutez ! Toute ma vie est ici. Mes enfants sont touts nés et grandi ici. J’ai même élevé ici une petite sœur de mon mari M’Bambé, disons que toutes mes attaches sont là. Bien que j’aie une grande famille aux Antilles, en France où je n’ai plus que mon fils aîné, mon frère Antoine et mon père, la plus grande partie de ma famille se trouve aux Antilles où je partais rarement. Donc, la ville de Fria remporte sur origines guadeloupéennes, la France.
Votre dernier mot
Je souhaiterais que cette ville retrouve le charme d’antan. Je suis vraiment désolée de voir cette ville mourir, car il n’y a plus rien ici. Cela me désole toujours parce que j’ai connu Fria autrement.
Entretien réalisé à Fria par Boua Kouyaté