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ELECTIONS SYNDICALES A L’USINE DE FRIA








 

Et de deux pour le secrétaire général sortant !

 

Une fois reportée, l’élection du collège syndical de l’usine de Fria a finalement eu lieu hier lundi dans les installations de Kimbo. Et on aura vécu un véritable raz de marée électoral qui a du coup plébiscité Sékou Ousmane DIALLO, le secrétaire général sortant du collège syndical. Il entame ainsi un deuxième mandat de deux ans. Chronique d’un début de semaine électorale somme toute mouvementée.

 

Coup de massue et constat d’échec général qui a valeur de message: les quatre centrales syndicales – CNTG, SIFOG, USTG, ONSLG – n’auront pas pu en effet ébranler la vivacité et la rage de vaincre de la confédération générale du syndicat libre (CGSL) où pavoise Sékou Ousmane Diallo, secrétaire général sortant du collège syndical de l’usine de Fria. Dans tous les trois bureaux de vote installés au sein de l’usine, l’épopée électorale a été sans précédent. Et ce syndicaliste a tout de même réussi à ratisser large et à creuser de fait un considérable écart entre la CGSL et ses autres adversaires.

Illustrations : la CGSL rafle 5 sièges titulaires et 5 sièges suppléants ; l’USTG se console avec 1 siège titulaire et un suppléant ; les trois autres centrales (CNTG, SIFOG, ONSLG) restent bons derniers avec 0 siège pour chacune.

C’est subséquemment un message fort que ce plébiscite vient d’envoyer aux ‘‘tocards’’ et aux ‘‘outsiders’’, manifestement fragilisés par une défaite cuisante.

 

Les raisons d’un historique raz de marée

Le secrétaire général du collège syndical de l’usine de Fria a été reconduit à cause de la performance constatée en deux ans de mandat ou en raison du sérieux manquement enregistré et contenu par les travailleurs qu’il a la charge de protéger ? Cette question est depuis lundi nuit sur toutes les lèvres. Et les plus exaltés estiment tout simplement que Sékou Ousmane Diallo a su jouer avec nombreux électeurs et donc décrocher un second mandat. « C’est lui qui nous aide à emprunter de l’argent auprès de la Direction générale. Et c’est lui qui nous facilite la dotation en riz. Il est très sensible aux travailleurs. On ne pouvait donc pas mieux s’attendre qu’à un plébiscite», crie à gorge déployée, un militant en délire.

 

A la devanture du service formation, cet autre groupe d’analystes, visiblement très attentifs, n’attendent pas grand-chose de cet autre mandat de l’homme qu’ils ont vu à l’œuvre « dans les ferrailles, rebut, et caisse de solidarité, etc. ». De véritables sources de revenus, on n’en doute pas, que les plus hostiles au général sortant qualifient de « caisses noires » à partir desquelles l’homme s’est largement fertilisé et a bâti sa campagne. « C’est l’argent qu’il a détourné durant son mandat qu’il a utilisé pour soudoyer les travailleurs », accuse un homme pendant les longues heures d’attente à la plateforme.

 

Quoiqu’il en soit, de nombreux cadeaux ont été distribués pour convaincre peut être les plus indécis. Sur sa stratégie de réélection, le nouveau secrétaire général du collège syndical, Sékou Ousmane Diallo,  candidat à sa propre succession explique : ‘‘nous avons mené une campagne à l’américaine et cela s’est avéré payant. Mais, nous rassurons que nous allons mener ces deux années de mandat pour le bien de tous les travailleurs sans distinction de couleur syndicales aucune.’’

Seul hic, et pas des moindres, les chantiers ouverts en 2006 par Sékou Ousmane Diallo le sont toujours : le transport du personnel ; le logement approprié des travailleurs ; les soins médicaux adéquats ; la formation des agents ; la promotion des cadres nationaux dans la perspective d’africanisation des postes, etc. Sans compter le scrupuleux respect des protocoles déjà signés entre Direction générale et syndicat, dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’ensemble des agents de l’usine.

 

Les couacs d’une consultation

Fria n’a pas failli à sa réputation de ville sulfureuse. Des jets de pierres et des cris de mécontentement ont été enregistrés ce lundi nuit. Les vitres de la salle de centralisation du vote ont volé en éclats. Les occupants, le Préfet de Fria en tête et les différents représentants des centrales ont été pris en otage par des militants dépités estimant que leur victoire a été volée au profit d’autres centrales syndicales. Simple maladresse du processus pour des fins de négociation ou pure méconnaissance de la législation en vigueur? La réaction aura été tout de même immédiate et violente. La raison ? Un décompte des voix jugé un premier temps non-conforme à la loi et qui privait la Centrale de sa victoire en même qu’il permettait à deux Centrales de faire leur entrée dans le Collège. Alors que tout semblait rentré dans l’ordre et que l’usine était calme ce matin, les Centrales Syndicales perdantes ont déposé un recours en annulation et exigent un nouveau décompte des bulletins ainsi que la recomposition du Collège. Et pourtant, le texte de loi dit clairement qu’il faut réaliser un score d’au moins 15% pour siéger au Collège. Or, seules la CGSL et l’USTG ont réalisé ces minimas. On ne comprend toujours pas comment le staff du Préfet, le DRH de Friguia et surtout l’Inspecteur de Travail n’avaient pas connaissance de ces textes. Le 1er procès verbal, bien que signé par toutes les parties est donc nul au regard de la loi en vigueur. C’est justement l’annulation de ce procès-verbal qui est contesté par les autres Centrales. La médiation de l’Inspecteur Général du Travail n’a pas permis de faire fléchir les positions des uns et des autres. Il serait même envisagé de suspendre les résultats en attendant la décision du Tribunal de Travail. Le Collège sortant assurerait alors un intérim qu’on n’ose pas croire long.

Avant de conclure et de connaître la décision finale des autorités, certains détails troublants viennent nous rappeler un autre vote qui s’est tenu ici il y a quelques mois lors des élections du syndicat des transporteurs. Alors que la victoire de Mr Otis BARRY sur Moustapha BALABAKY ne faisait aucun doute, les autorités ont annulé le vote invoquant des irrégularités sans préciser lesquelles et finiront par trancher en instaurant un comité de salut public. Plus tard, elles finiront par constituer le bureau avec un nombre égal  de sièges pour chacun des deux protagonistes.

Il faut cependant tenir compte de plusieurs faits :

La mobilisation a été massive. De mémoire de friaka, aucun scrutin syndical n’a suscité une telle mobilisation (on parle de plus de 95% de votants). Ce qui est un signal fort et un élément à prendre en compte surtout que la majorité a clairement exprimé son choix. Le Maire qui a été élu en 2006 avec un fort soutien populaire, n’a du sa victoire finale qu’à la menace de ses partisans car le PUP projetait des fraudes massives comme cela a souvent été le cas. Pourquoi a-t-il laissé faire de telles pratiques s’il a vraiment l’âme d’un démocrate ? Aurait-il oublié les conditions qui lui ont valu d’occuper le fauteuil de Maire ? Et enfin, en pleine révision des listes électorales et à la veille d’élections législatives annoncées comme fiables et cruciales, pourquoi ne pas avoir tenté de rôder la capacité d’organisation, de décompte et de proclamation d’un scrutin dans le but de faire avancer la démocratie ?

Mais à ce petit jeu, on fragilise le peu d’acquis démocratiques et on met en danger le fragile équilibre social qui prévaut dans la cité.


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