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9 Octobre 2008
Un voleur
de moto
La mercedes des bandits
L'arme des banditsLa hausse de la criminalité dans notre pays fait que les bandits se mettent à élargir leurs terrains d’opération et Fria a failli en faire les frais au cours de ce week-end qu’on pourrait qualifier de tous les dangers.
Au nombre de cinq, des bandits armés ont tout d’abord braqué un couple à Conakry et volé leur véhicule, une Mercédès de couleur noire et se sont dirigés vers Fria ville supposée facile pour y commettre des forfaits.
Probablement arrivés vendredi, nos cinq malfaiteurs ont projeté de braquer samedi l’agence de la Bicigui située en plein cœur du Plateau. Pour cela, ayant besoin de faire une reconnaissance des lieux et vers 8 h 30 du matin, ils se sont dirigés ce samedi vers le Plateau où, sûrs de pouvoir opérer tranquillement, ils n’ont tardé à attirer l’attention sur eux en fumant des joints de cannabis sans se cacher et dans une voiture sans immatriculation. Certains témoins affirment même avoir vu des armes en leur possession. L’un d’eux a donc appelé le Commissaire Central de la Police en lui signalant les suspects. Le Commissaire n’a pas tardé à venir sur les lieux malheureusement sans armes et seul. Les ayant repérés et en cherchant à appeler enfin du renfort, ils l’ont menacé avec une arme et ont pu prendre la fuite dans un rodéo urbain digne des plus grands films hollywoodiens. Malheureusement encore pour eux, ne connaissant pas bien la ville, ils se sont dirigés vers l’Hôpital Préfectoral et l’Unité III. Prévenus de la fuite et en se donnant la nouvelle par téléphone, les conducteurs de taxis motos se sont tout de suite mis à leur poursuite. Malgré plusieurs coups de feu tirés en l’air, ils n’arriveront pas à les semer et se sont fait poursuivre jusque vers le village de Mambory. A cours de carburant, ils ont abandonné la voiture pour s’évaporer dans la nature. La Police ne disposant ni d’effectifs en nombre suffisant, ni de véhicule, il a fallu attendre les gendarmes de la Mission Spéciale basée à l’Economat pour les prendre en chasse grâce à un pick-up fournie par Friguia. Arrivés sur les lieux et grâce aux indications des taxis motos, les lieutenants Alexandre et Maxime avec leurs hommes mettront rapidement la main sur deux d’entre eux vers le village de Fatala. Tous les villages environnant ayant été prévenus de la cavale, il leur avait été de prévenir les forces de l’ordre au cas où ils verraient les suspects.
Blessés, fatigués et ne sachant pas comment se guider, deux autres finiront par se faire repérer dans l’après-midi et se faire capturer sans trop de mal. Il ne restait alors que le cerveau présumé de la bande qualifié aussi de plus dangereux. Sa cavale a pris fin dans la nuit lorsque blessé à la jambe, il est parvenu à se faire embarquer sur un camion de charbonniers prétextant un accident. Mais la zone était quadrillée et les forces de sécurité n’ont eu aucun mal à le capturer alors qu’il était juché sur les sacs de charbon en se croyant à l’abri.
Ils se nomment Alia CONTE, Sékou KEITA, Abdoulaye TOURE dit COPPA, KEFING et SOUKA chef de gang et sont actuellement détenus à la Prison Civile de Fria. On ne sait toujours pas où ils seront jugés et quel pourrait être la sentence. Car il y a déjà 8 détenus arrêté pour le vol de 24 motos qui ont été arrêtés au mois d’Août.
Malgré la présomption d’innocence, on ne doute pas que la Justice cherchera à en faire un procès pour l’exemple. Encore au cœur d’une autre affaire après celle du trou creusé au milieu du Plateau, la Bicigui qui devient un peu célèbre malgré elle, devrait prendre des mesures urgentes pour renforcer les mesures de sécurité autour de son agence. Les autres banques également. Mais le plus navrant dans tout cela, c’est le manque d’effectifs et de moyens de la Police Nationale sensée protéger les populations que nous sommes. Face à des bandits (souvent déserteurs des forces armés ou de sécurité) bien armés et souvent véhiculés, la Police avec ses maigres moyens n’a presque aucune chance de mener à bien sa mission sans l’aide des populations. Fria qui compte aujourd’hui près de 100 000 âmes n’a pas plus de 30 policiers pour assurer sa sécurité et la plupart d’entre eux sont affectés à la circulation. Le seul commissariat, toujours pas reconstruit depuis les évènements de fin 2006, est un peu loin de la ville. A quelques pas de l’usine, alors que la Police qu’on dit de proximité, dans les quartiers serait bien plus efficace.
Grâce aux taxis motos, aux forces de sécurité et aux populations, un groupe a été mis hors d’état de nuire. Il devient urgent de redoubler de vigilance et surtout d’affecter les moyens qu’il faut à la Police pour que nous (et notre argent dans les banques) dormions paisiblement.
Noel GNIMASSOU, Mamadou Aliou SACKO et Mamadjan DIALLO