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13 Septembre 2008

Il s'appelle YATTARA Naby Laye Moussa. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il est le fils de Mr. Yattara, éminent instituteur à la
retraite très connu à Fria pour avoir enseigné dans la quasi-totalité des écoles primaires de la cité, et le petit frère de Yattara Mohamed Mankona, un des
brillants élèves que Fria ait connu, plusieurs fois lauréats notamment au BAC à la fin des années 80.
Entré très tôt à l'école, le jeune Naby Laye à l'image de son frère Mankona, a été brillant dès l'école primaire. Il fréquenta successivement l'école primaire de Tigué 1, le collège Josip Broz Tito puis le célèbre lycée Amilcar Cabral en option Sciences Expérimentales. Avec le BAC 1 en poche et après un bref passage à l'usine de Fria, il retourna en qualité de candidat libre sur les bancs de l'école afin de passer son BAC 2 dans la sourdine totale au lycée YIMBAYA de Conakry. Il le réussit avec satisfaction. Aujourd'hui à l'instar de beaucoup de jeunes de la cité de l'alumine, il vit loin du ciel bleu de Fria et vient d'obtenir avec Distinction, son premier diplôme supérieur (BAC+3) en chimie des procédés techniques à l'Ecole Catholique de Louvain.
Voulant toujours être meilleur, le jeune YATTARA a d'abord voulu s'attaquer aux langues avant d'entamer des études supérieures. Après une année extra de langue, il parle aujourd'hui couramment le Néerlandais (parlée en Hollande et en Belgique) et a bien perfectionner son anglais. En allant à sa rencontre et vu notre fort étonnement à sa capacité de vite maîtriser deux langues à la fois, il déclara : << Le seul message que je peux transmettre aux étudiants de Fria qui aimeraient exceller un jour dans le domaine des sciences, l’économie, la santé, … est de s’investir à fond dans les langues et l’informatique. En plus du Français que vous maitrisiez déjà, l’Anglais constitue aujourd’hui la clé d’entrée à beaucoup de portes et la langue de la recherche scientifique c’est l’Anglais. Même en France où la plupart de vous aimeraient poursuivre leurs études. Raison pour laquelle j’ai écrit mon mémoire de fin d’études en Anglais et présenté en Néerlandais. La connaissance de cette langue m’a aussi permis de travailler pendant mes vacances dans le team R&D (Research and Developmentà chez P&G (Procter and Gamble), une multinationale américaine employant plus de 110.000 personnes à travers le monde et spécialisée dans les biens de consommations courantes. Je reconnais que cette langue n’est pas considérée dans l’enseignement guinéen, mais j’en suis convaincu que tout le monde peut apprendre seul cette langue, à son rythme en se procurant de livres et moyens matériels comme je l’ai fait il ya 5 ans auparavant >>.
Pour rappel, à la veille de la présentation de son travail de fin d'études, Mr YATTARA Naby Laye Moussa a effectué un brillant stage en Electrochime en Physico-Chimie des surfaces à L’ENSCP (L’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris). Cette école est aussi un institut de recherche et la chimie de demain à l'ENSCP, c’est la chimie fine, la pharmacochimie, la chimie verte, la chimie nucléaire, les matériaux pour les nouvelles énergies, la modélisation, la science des matériaux, les nanotechnologies et les procédés. C'est une école qui fût créée à la fin du 19e siècle, quand Charles Friedel, chimiste co-inventeur des fameuses réactions chimiques de Friedel-Crafts et minéralogiste, titulaire de la chaire de chimie organique en Sorbonne était persuadé que les futurs chefs d’entreprises chimiques devaient être formés dans les milieux universitaires. Il obtint l’autorisation et les crédits nécessaires à la création d’un laboratoire de chimie pratique et industrielle à la Faculté des Sciences de Paris. Henri Moissan, premier scientifique français à recevoir le prix Nobel de Chimie pour ses travaux sur les composés du fluor et l'isolement de cet élément reprit la direction à la mort de Friedel (Pour d’amples infos www.enscp.fr).
En cette nouvelle rentrée académique 2008-2009, le jeune YATTARA aimerait encore poursuivre ses études et s'est déjà inscrit pour 2 ans en master afin d'obtenir un diplôme d’ingénieur industriel en chimie. Sans doute, le chemin n’a pas été facile comme pour beaucoup d'autres qui ont effectué des études en occident : << pour éviter l’échec il a fallu bosser au début 2 fois plus dure qu’un étudiant normal européen vu que les systèmes d’enseignement diffèrent >> nous a-t-il déclaré.
En somme, nous lui avons demandé ses sentiments par rapport à sa ville natale c'est-à-dire Fria : << Permettez-moi tout d'abord de vous dire combien de fois je suis heureux de me livrer à vous aujourd'hui à travers ce blog. J’ai pas hésité un seul instant quand Camara A. Ciré m’a offert l’opportunité et J'éprouverai toujours une joie particulière dans le futur lorsque l'occasion me sera offerte de m'adresser à vous. Je suis très ravi des actes de bienfaisances que ARSYF multiplient pour le développement socio-éducatif de la ville de Fria. Cette ville qui nous ait tous chère, et qui nous ait légué un héritage d’ouverture au monde constitue un grand atout pour nous tous afin de la faire avancer et aider les frangins à construire leur avenir à leur tour >>.
Et de terminer par ces mots : << Mes vives salutations à tous les gens que je connais de près ou de loin, ainsi qu’à ma chère famille >>.