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17 Juillet 2008


Il l’a vraiment échappée belle. Je veux parler de Siré BAH friaka bien connu qui réside aujourd’hui en France. Beau-frère du Maire, il a notamment fait des études en Chine et au Japon avant de s’établir en France. Cet habitué des voyages (il vient en Guinée toutes les six semaines) a eu la peur de sa vie le Vendredi 4 juillet 2008 lorsqu’il a été victime d’un braquage à Conakry. Il nous raconte : « Je suis arrivé ce vendredi par le vol 760 d’AIR France vers 23 h 30 à Conakry. Mon frère est venu me chercher et nous sommes arrivés à la maison vers 00h. Devant le portail de la maison, j’ai constaté qu’il y avait un taxi qui nous suivait et j’ai aussitôt dit à mon frère de se mettre en position de départ. En voulant faire demi-tour, le taxi nous a barré la route et nous a coincés et soudain les occupants sont sortis en tirant de partout avec des armes à feu. Ils nous ont tout pris. Absolument tout sauf mes cartes bancaires et ma carte d’identité. Mes documents personnels, mes valises, tout. A un moment donné, j’ai cru qu’on avait tué mon frère alors, je suis parti en courant. Il m’a raconté par la suite qu’ils lui ont demandé de dire au gardien d’ouvrir le portail. Il leur a répondu qu’il n’habitait pas là et que surtout le gardien n’ouvrirait jamais après avoir entendu des coups de feu. Ils sont restés 5 mn avant de s’en aller en lui laissant la vie sauve. Je suis revenu avec de l’aide 10 mn plus tard. Ils ne nous ont laissé que ce que nous portions et la vie. C’est un miracle que nous soyons encore là ».
La récente grève des policiers et la terrible répression qui s’en est suivie fait aujourd’hui la joie des bandits qui opèrent en toute tranquillité. Siré a bien tenté de retrouver ses affaires en déposant plainte à la police urbaine de Ratoma et à la DPJ, mais à chaque fois on me répète : « La balle est dans ton camp. Ce qui sous-entend que je dois payer quelque chose pour les enquêtes. Mais payer avec quoi ? Il ne me reste plus rien ».
Arrivé pour juste une semaine de séjour, il se trouve bloqué. Il a quand même fait des démarches auprès de l’Ambassade de France (il est aussi citoyen français) pour au moins récupérer un autre passeport afin de pouvoir rentrer chez lui.
Amer, il nous confie cependant : « Pour mon baptême de feu, je n’ai vraiment réalisé que quelques jours plus tard. On pense que ça n’arrive qu’aux autres. C’est terrible, vraiment terrible. Mais on n’a pas trop le choix. Ce pays est le nôtre et on va continuer à revenir. Mais pour la prochaine ou pour ceux qui viendront, il faudra faire attention à l’aéroport pour savoir si on n’est pas filé ».
Terrible mésaventure mais issue heureuse car personne n’a été blessé. Nous lui souhaitons de vite se remettre de ce choc et de pouvoir rentrer auprès de son épouse.
Dommage, vraiment dommage pour notre pays.