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14 Juillet 2008
On se souvient qu’au mois d’Avril avaient eu lieu les élections du Syndicat des Transporteurs de Fria. Ces élections furent aussitôt invalidées pour des raisons restées encore incompréhensibles.
Les autorités invoquaient des irrégularités alors que le scrutin, à nos yeux en tout cas, ne souffrait d’aucune contestation possible. Le vainqueur désigné Mr Otis s’est vu privé d’une victoire qui lui tendait les bras. Un comité de salut public fut alors mis en place avec pour mission de gérer les affaires courantes jusqu’aux prochaines élections. Mais, en moins de trois mois, au vu de la gestion catastrophique de ces affaires, il a été décidé de mettre en place un véritable bureau issu d’élections.
Une délégation de la CNTG fut dépêchée sur Fria pour procéder à des élections. Mais à la surprise générale, une autre proposition fut faite : celle de former un bureau qui comprendrait à la fois les membres d’Otis BARRY et de Moustapha BALBAKY. Une sorte de cohabitation en somme. Sûr de sa victoire, Otis refusa catégoriquement : « Nous sommes prêts à aller à de nouvelles élections, mais il n’est pas question de cohabitation, ni de collège syndical ».
Après un marathon de tractations, de négociations et même de supplications, l’on parvint non sans mal à trouver une issue. Il a fallu l’implication personnelle du doyen des somborykas El Hadj Djiby CONTE de Tigué pour que les deux parties puissent s’entendre. Anciennement composé de moins d’une dizaine de membres, le bureau actuel en compte 23 dont 15 pour Otis en tant que secrétaire général et 8 pour Moustapha. Ce bureau qui va compter presqu’autant de membres que de militants a été intronisé Jeudi et présenté aux autorités. Et il s’est mis au travail dans la foulée car dès vendredi, il a eu gérer deux cas d’accidents : l’un à Tormelin entre un camion et un taxi, l’autre à la CD entre un taxi et une moto. Visiblement satisfait de reprendre place dans son fauteuil, Mr Otis BARRY nous confie : « Je vais tendre la main à tout le monde et travailler le plus large que possible. Seulement, nous héritons d’une situation catastrophique : les caisses sont vides, la grêle a détruit la toiture de nos bureaux et nous devons restaurer la confiance entre nous, les chauffeurs et les autorités. Pour exemple, hier, avec les deux cas d’accidents, nous n’avons déboursé que 85 000 Fg pour tout régler alors que jusqu’à la semaine dernière, il fallait payer au moins 800 000 Fg ».
Ce que l’on ne comprend dans cette histoire, c’est l’attitude des autorités qui entendent préserver la paix sociale en instaurant un collège alors que les deux candidats sont issus de la même centrale syndicale. Les élections libres, transparentes et sans violence aident à construire la démocratie. Reconnaître au gagnant sa victoire et au vaincu sa défaite évitent d’avoir à gérer un cas à la zimbabwéenne ou à la kényane. Et en cas de violences, le candidat fautif sera tenu pour responsable des actes de ses partisans. Les élections syndicales peuvent servir de test pour les prochaines législatives dans notre pays qui n’a toujours pas épousé la paix, la transparence, le calme et l’acceptation de la défaite. Les populations doivent encore s’habituer à ces conditions garantes de la validité de tout scrutin et de la consolidation de la démocratie.
Enfin ce que l’on comprend dans cette histoire, c’est que la situation politique du Liban s’est invitée à Fria avec la difficulté de former un cabinet ou une équipe. Peut-être que les lointaines origines libanaises de Moustapha BALBAKY expliquent aussi cela. Je dis bien peut-être.