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22 Juin 2008
Déclenchée depuis ce jeudi 19 juin 2008, la grève illimitée du corps enseignant a été bien suivie à Fria.
Aucun enfant n’est allé à l’Ecole car dans un communiqué largement diffusé hier sur les ondes de la RTG, les autorités ont invité les parents à garder les enfants à la maison. Ceci, afin d’éviter les troubles survenus dans les mêmes circonstances il y a deux ans jour pour jour où des lycéens avaient trouvé la mort. Malgré les assurances des autorités sur les dispositions prises pour assurer leur sécurité. Jusqu’à ce jour, aucune commission d’enquête n’a été constituée et aucune responsabilité n’a pu être située.
En tout cas, tout est calme à Fria. La vie suit son train et pour l’instant rien ne semble troubler la sérénité. Même pas le retour mercredi soir du Colonel SYLLA avec une escorte de 8 militaires. Tous de Conakry.
La grogne des enseignants, qui survient quelques semaines après celle des militaires et quatre jours après celle des douaniers et des policiers (sauvagement réprimée par ces mêmes militaires), menace de plonger davantage le pays dans une crise d’où elle peine à sortir. Les grèves précédentes, pourtant générales, n’ont pas pu apporter le changement tant souhaité. L’essai n’ayant pas été transformé, chaque corporation semble vouloir jouer sa partition en solo espérant une meilleure prise en compte de ses revendications que les fois passées. Le corps médical annonce à son tour un préavis de grève pour les semaines prochaines.
Pendant ce temps, Lansana CONTE s’accroche tant bien que mal à son fauteuil s’appuyant sur une poignée de fidèles prêts à tout sauf au changement. Ahmed Tidiane SOUARE, nouveau premier ministre depuis déjà un mois, a toutes les peines du monde à gérer les crises à répétition. Cédant sur l’ensemble des revendications des militaires, il tarde à accéder à la demande des enseignants comme si la force et la brutalité l’emportaient sur le dialogue, le consensus et la négociation. La composition du nouveau gouvernement ne permettra pas de régler les véritables problèmes de fond que connaît le pays.
L’ironie dans cette histoire est la position du Ministre de l’Education Nationale reconduit à la tête de l’Enseignement pré universitaire. Arrivé en tant que syndicaliste des enseignants à la faveur du changement amorcé en Février 2007, il n’a pas pu régler la plupart des problèmes auxquels sont confrontés les enseignants. Il les connaissait pourtant pour avoir été de longues années un des leaders de ce syndicat.
Que ses anciens camarades syndicalistes déclenchent une grève contre lui a de quoi faire sourire. Cela montre aussi la difficulté de gérer la Guinée. J’en pleure pour mon pays.