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LA GREVE A FRIA : TOUJOURS PAS D’EPILOGUE

 

La journée d’hier n’a toujours pas permis de reprendre le travail et de mettre fin au mouvement de grève qui agite l’usine depuis lundi.

Ce mardi matin, aux alentours de 10h, le collège a convoqué une réunion d’échange avec les travailleurs en vue d’élaborer une plate-forme de revendications pour les négociations qui commencent ce soir à 18h avec la Direction. Destinée dans un premier temps à seulement enregistrer des propositions de sortie de crise, le meeting s’est vite transformé en assises où chacun venait tour à tour se défouler.

La plupart des intervenants ont carrément mis en cause l’immobilisme du Collège Syndical voire son incapacité pour certains. ‘‘Nous aurions avoir ce genre de rencontre dès que les prix ont flambé. Maintenant que la situation tourne au drame, voilà que vous daignez nous rencontrer’’ dit un ouvrier en colère. Un autre de rajouter ‘‘ les salaires doivent être fixés en dollars ou en euros pour être payés en Francs guinéens au taux du jour. C’est la seule façon de garantir notre pouvoir d’achats’’. Il est vrai que la situation n’est pas faite pour s’améliorer car en comparaison du temps de Péchiney, le salaire minimum vacillait autour de 200 à 250 dollars. Aujourd’hui, on n’atteint même pas 90 dollars. L’inflation y est pour quelque chose mais l’usine n’a pas de clients en Guinée et fait toutes ses recettes en dollars sonnants et trébuchants. Ce qui lui permet d’avoir des marges considérables sur ses charges locales (salaires, carburant, fournitures de prestations en guinée, etc.). Un protocole d’accord signé avec le syndicat stipule que l’on verserait chaque année la moitié du taux d’inflation en pourcentage du salaire annuel. Or prétextant que la parité dollar/franc guinéen a été nulle pour l’année 2007, rien n’a été payé en 2008. La Direction oublie que l’inflation, c’est d’abord l’indice des prix à la consommation. Car pendant ce temps les prix ne sont pas stabilisés, au contraire.

Dans un contexte économique difficile, les ouvriers se sentent oubliés par la Direction et le Collège Syndical à qui ils reprochent de ne s’occuper que de leurs affaires restant sourds aux appels des travailleurs. On dit que ventre affamé n’a pas d’oreilles. Parvenant difficilement à joindre les deux bouts, on doute fort que les appels à la reprise soient entendus. Ils ont été nombreux à exiger une prime de 1 000 000 Fg avant de reprendre le travail. La situation est en plus aggravée par le manque de courant en ville depuis vendredi matin. Encore une panne de turbo. Encore une panne de trop. Le futur Directeur Général de Friguia qui prendra fonction en juillet prochain reçoit déjà son baptême de feu. Il hérite d’une situation catastrophique mise à mal par une gestion humaine et financière aussi hasardeuse que douteuse. Le DRH en partance, l’un des principaux artisans de ce désastre, continue de se battre avec l’espoir de rester dans son ‘‘paradis africain’’. Il a fait appel à des marabouts et aurait même fait embaucher l’un d’eux à l’usine. Mais Moscou semble enfin vouloir faire table rase avec une équipe qui leur a plus nui que les a servis. Le très contesté ancien président de la Chambre des Mines et représentant de Rusal en Guinée, Mr Anatoly PATCHENKO est ainsi rentré la semaine en Russie sur ordre de Moscou. Beaucoup vont lui emboîter le pas avec peut-être l’espoir de lendemains meilleurs pour les travailleurs. Ce qui ne semble nullement préoccuper les autorités de notre pays.

Le Ministre du travail était à Kamsar la semaine passée pour désamorcer une crise identique à celle de Fria. Mais de Fria, il n’est point question. Par peur de nuire à des intérêts ou tout simplement peut-être par abandon. Le Ministre de tutelle, lui brille toujours par son absence et son mutisme.

C’est que pensent les travailleurs décidés à en découdre avec leurs propres moyens et méthodes. Puisse DIEU être de leur côté et comme la nuit porte conseil, on ne doute pas que la Direction et le Syndicat ne parviennent pas d’accord. Quelle que soit la durée de ces négociations. Sinon . . .


CAMARA Abdoulaye Ciré, ARSYF-Belgique

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R
Je suis tellement désolé par cette situation... Je ne sais même plus que dire pour réconforter mes camarades guinéens.S'ils m'entendent, qu'ils fassent en sorte d'assurer le fonctionnement minimum de la centrale et si cela est encore possible, d'alimenter la ville en électricité et en eau. Qu'ils appliquent la consigne que j'avais donné... ON ouvre la ville, on ouvre aussi la CD. Pas de jaloux et pas de faire valoir!Je pense aussi que les syndicats sont manipulés par la direction et pensent plus à eux qu'aux ouvriers qui les ont élus, dommage!J'espère qu'une solution satifaisante pour tous sera vite trouvée.
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