Qui n'a pas croisé au moins une fois en bas des immeubles Tonton Maximen toujours très pressé pour se rendre à l'église. Forcément, une figure emblématique de la vie
sprituelle à Fria. Souvent de bonne hummeur, il faisait trop rire avec son air comique. Friainfo lui a rendu visite.
Friainfo : Vous êtes à Fria depuis quand ?
Jean Maximen Bangoura : J’ai été embauché à l’usine Friguia-Kimbo le 8 décembre 1964 au service Magasin Général comme
commis aux écritures. Comme ce travail ne me plaisait plus, j’ai demandé à quitter pour aller dans un autre service où je pourrais utiliser mes ressources. C’est ainsi qu’on m’a envoyé au service
informatique où je suis resté jusqu’en 1986 avant que je ne sois affecté à SRP. Là, j’ai mis un programme pour la gestion du personnel. En 1994, j’ai quitté SRP pour aller au centre de formation
professionnel. Au CFP, j’enseignais les techniciens et je préparais à la maîtrise.
Mais comment avez-vous réussi à lier votre travail à la chorale de l’église?
Ecoutez ! Il y a trois piliers dans tout ce que je fais. Le service pour lequel je suis venu à Fria, ma famille et la chorale. Donc, l’un n’empêche pas l’autre
d’évoluer.
Dès que je quitte le service, je reste à la maison pour un quart d’heure. En fonction des programmes, vers 18 heures ou 20 heures, je me rends à l’église pour la
chorale.
Si je comprends bien, c’est vous qui dirigez la chorale à l’église ?
Oui ! C’est moi qui suis le chef de la chorale de l’église de Fria. J’étais catéchiste au départ avant que je ne devienne le Directeur de la chorale dont vous
parlez.
Pratiquement, vous avez vécu tous les beaux temps de la cité de l’alumine, pouvez-vous nous parler des prêtres qui se sont succédé à Fria ?
Vous avez raison, j’ai côtoyé beaucoup de prêtres ici. Les premiers que j’ai connus sont : le Père Thierni, le Père Deschelieux. Ces deux prêtres m’ont
beaucoup aimé. Et franchement, je n’ai pas eu du mal à travailler avec eux.
Ils m’ont même envoyé quelque chose qui va beaucoup vous faire rire. Comme ils ont vu mon dévouement pour l’église, ils m’ont envoyé une jeune fille à draguer. Mais
malheureusement, je n’ai pas pu l’aborder. Finalement, j’ai fini par la raccompagner chez elle à Katako dans Boké. (Rires !!!)
Alors, avec tous ces beaux temps passés ici, vous êtes toujours là, mais comment voyez-vous le visage de cette ville qui a marqué votre vie ?
Oh ! Si je compare le visage actuel de la ville de Fria à celui des temps anciens, je trouve une grande différence. Car la ville est délabrée. On n’arrive pas
à voir cette ville comme pour le passé.
C’est pourquoi dans mes concerts à l’église, je demanderais à ce que les citoyens fassent peau neuve pour changer de comportement dans le cadre de l’assainissement
des cités et des quartiers. Sinon, aujourd’hui, toutes les cités sont délabrées.
Et pour que les gens vivent aisément dans notre ville, je demanderais aux partenaires Russes de fournir à chaque habitant, les trois éléments indispensables dans la
vie d’un citadin. Je veux parler de l’eau, l’électricité et l’hygiène.
Est-ce que les russes fréquentent l’église ?
Non ! En principe, ils sont à majorité chrétien, mais on ne les voit pas à l’église.
Depuis quand êtes-vous à la retraite ?
Je suis à la retraite depuis 1996. C’est pourquoi, aujourd’hui je consacre toute ma vie aux activités de l’église.
Quels sont les bons souvenirs que vous avez eus à Fria ?
Sincèrement, j’ai eu de très bons souvenirs ici. Pendant la fête de Noël en 1967, quand le père Nana de la chorale de Bonfi était venu à Fria sans savoir qu’il y
avait une chorale ici. Une fois dans la cité de l’alumine, cette chorale a voulu compétir avec nous, mais malheureusement pour lui, nous l’avons écrasée au grand du prêtre qui
l’accompagnait.
Depuis cette date, j’ai commencé à gravir des échelons au grand pas de géant.
Mon deuxième plus grand souvenir à l’église, c’était le 8 décembre 1989, année à laquelle j’ai fêté mes 25 ans d’animation liturgique.
Ensuite, j’ai préparé mon concert de 1992 où j’ai habillé à mes propres frais la chorale.
Enfin, en 1996, quand je partais à la retraite, j’ai organisé un grand concert pour dire merci au Seigneur, parce que depuis mon embauche à l’usine, je n’ai jamais
eu de problèmes dans mon travail.
N’avez-vous pas regrets de vivre à Fria ?
Oh ! je n’ai pas de regrets de vivre ici. Mais seulement avec mon dévouement pour l’église, il y a eu de tant de propositions qui ont été annulées.
On m’a fait annuler trois stages de formation à l’étranger, avec un retard de promotions.
Malgré tous ces déboires, je n’ai jamais accepté de faire la courbette à quelqu’un, car ce que j’ai dans la tête m’appartient.
De quoi vivez-vous aujourd’hui en dehors de l’église ?
En dehors de mes activités à l’église, je vis de la pension qui aussi, retarde trop parfois avant qu’on ne la gagne.
Comme vous le voyez, ça ne peut pas nous arranger. C’est pourquoi, parfois nous sommes obligés de bénéficier de l’apport de certains copains. Sinon, si la pension
venait régulièrement, je n’aurais à régler à personne.
Interview réalisée à Fria par : Boua KOUYATE