L'état dans lequel se trouve présentement la ville de Fria est tout simplement désolant,on est catastrophé de constater
combien de fois les conditions de vie dans l'ensemble se sont degradées.Et cet état de fait nous interpelle et nécessite beaucoup de réflexions.
Mais comment en est-on arrivé là?
Pour répondre a cette interrogation et tenter d'analyser les origines, plusieurs faits majeurs qui ont secoué la vie de l'usine sont a signaler dont entre
autres : Le scandale financier(detournement de plusieurs milliards de nos francs dans les compte de friguia) qui a éclaté vers la fin des 90;qui a fini par tirer friguia vers le bas.On a
appelé à l'époque (l'affaire friguia) vu l'ampleur du montant detourné et la personnalite des acteurs impliqués.
Etaient mise en cause dans cette affaire politico-judiciaire, les cadres des ministères de l'économie, des mines, de l'ANAIM(agence nationale des
infrastructures minières) et l'ancien secrétaire général de friguia un poste qui avait nouvellement été crée après la mise en place du gouvernement SIDYA TOURE en 1996 et s'occupait de toute la
gestion administrative et financière.
Un procès eut lieu a cet effet en 1999 au TPI (tribunal de première instance de kaloum) qui a vu la condamnation de Mr Malal Baldé du service des impôts, Koly
Kourouma de L'ANAIM et a tort d'ailleurs de Mr Ly Bocar ancien secrétaire general de friguia avant d'être blanchi quelque temps après. Malheureusement ce procès n'avait pas permis de faire
toute la lumière sur cette fameuse affaire puisque les autres acteurs impliqués (MM Kassory et Facinet Fofana) n'ont pas été inquietés malgré qu'ils ont été cites pendant le procès. Le procureur
de la republique s'étant refusé de les inculper sous pretexte qu'ils étaient en fonction et que la decision devait venir expressement du conseil des minisitres autrement dit du chef de l'Etat.Qui
aurait dit que (nul n'est au dessus de la loi). Tout au moins on pouvait les auditionner en tant que temoins.
Ainsi cette affaire fut l'une des causes même s'il y'en a plusieurs, de la rupture du contrat qui liait Frialco et l'Etat guinéen. Il faut noter que la part de
l'Etat etait de 51% et celle des partenaires étrangers Frialco(Pechiney,Alcan,Alcoa....) était de 49%.
A partir de là, la societé Friguia qui était considerée comme l'une des plus grosses boites du pays (en terme du budget et de la production), l'un des poumons de
notre économie nationale, le troisieme employeur de Guinee apres l'Etat et la CBG, était devenue après le retrait de Pechiney un objet de convoitise. Une aubaine pour les uns et une proie pour
les autres, les prédateurs en tout une seule et unique victime, Fria.
Un moment l'on a évoque le cas de L'ACG, aussi de la reprise de l'Usine par Reynolds company en 1999 qui ne s'occupait que de la gestion parce que les dettes
accumulées s'elevaient à 70 millions de dollar. Reynolds versait dailleurs ses taxes minières à la Guinée via le compte d'une societe Grecque installée a l'époque aux iles
Caiman.
Mais ce contrat de sous traitance avec Reynolds fut de courte durée les americains se sont vite retirés ouvrant ainsi une nouvelle breche dans laquelle Rusal
s'est finalement engouffrée et controle presque la totalite des actions de Friguia.
Bien que se classant dans les premières places mondiales dans le secteur de l'aluminium, Rusal n'a pas encore fait grand chose pour ameliorer les conditions
de vie. Les Russes sont souvent reputés d'être des bons travailleurs, courageux mais leur mode de gestion de la chose publique n'en est pas autant. On a vu l'effrondrement de plusieurs
entreprises d'Etat après la chute de l'URSS,a ussi chez nous il n'yavait que 3 grandes societés minières : CBG, FRIGUIA, OBK. Cette dernière était la moins competitive par rapport aux deux
autres.
Or, en dépit du climat de suspicion qui regnait en ce temps entre le regime gauliste(capitaliste) et celui de Conakry (marxiste revolutionnaire) il y avait plus ou
moins bonne collaboration dans le cas specifique de Friguia.Ceci traduisait l'esprit même du capitalisme c'est-à-dire separer l'etat et le secteur privé et çavait bien fonctionné.
Il faut noter qu'il serait utile de revoir les conditions dans lesquelles le contrat entre Rusal et l'Etat a été signé, quelles sont les parts de Fria? quels sont
les avantages des travailleurs puisqu'ils sont les plus concernés.
C'est pourquoi la decision du gouvernement de renegocier tous les contrats miniers est salutaire si effectivement elle est traduite dans les faits.
Pour terminer je voudrais adresser mes encouragements a L'Arsyf Europe-Usa, aux differentes associations, organisations et a tous ceux qui oeuvrent inlassablement
pour que Fria retrouve son pouvoir d'attraction qui était le sien il ya quelques années encore, car avec la "demission" des pouvoirs publics cest le seul moyen de parvenir a redonner a Fria sa
place d'antan.
Kaba Ibrahima Kalil (Kalou)
HOLLANDE