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FRIAINFO.Guinée-Conakry.Com

1er site d'information guinéen basé essentiellement sur l'actualité d'une ville : Fria en Guinée depuis 2006

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L'INVITÉE DE LA SEMAINE: MADAME MARIE KANTARA

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Madame Kantara
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La délégation du gouvernement guinéen conduite par Sékou TOURE venue pour l'inauguration de l'usine

La délégation guinéenne conduite par le père de l'indépendance le Président Ahmed Sékou TOURE (chapeau noir) à l'inauguration de l'usine

 

 

 

 

 
Cette semaine, votre site reçoit dans sa rubrique ''L'INVITE DE LA SEMAINE'', l'une des femmes qui ont marqué notre cité dans tous les domaines. Il s'agit de madame Marie Kantara, épouse du feu Emile Kantara. Malgré son âge avancé`, notre mère,  grand-mère pour d'autres, nous a surtout impressionnés par son rire et la fidelité de sa mémoire. Rencontre.
Friainfo: Bonsoir Maman. Merci d'avoir reçu l'équipe de friainfo chez vous malgré votre âge très avancé. D'abord, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas?
Madame Marie Kantara: Je m'appelle Marie Kantara.  je suis ne née le 18 juin 1935. Je suis donc agee de 73 ans aujourd'hui.
Je suis venue à Fria en 1958, le jour que le Général De Gaulle est arrivé à Conakry. Je crois que je fus la première africaine à travailler à l'usine. A l'époque, il n'y avait que des ''gobby'' ici, c'est-à-dire les ouvriers blancs venus pour le montage de l'usine. Et chaque fois qu'on nous transportait dans le bus, j'étais la toute seule femme parmi eux; ce qui était d'ailleurs une fierté pour mon mari.
Comment êtes-vous venue à Fria?
Rires!... Écoutez! J'ai été débauchée de la Poste guinéenne où je travaillais comme fonctionnaire d'Etat.
Quand les travaux de construction de l'hôpital Péchiney ont été achevés, hormis, les médecins et les infirmiers blancs, il n'y avait personne au guichet.
Un jour, Dr Coulomb a demandé mon mari sur ce que je fais à Conakry. Mon mari lui a dit que je suis fonctionnaire d'Etat à la Poste guinéenne. C'est ainsi qu'il est parti me chercher pour e convaincre avec des paroles mielleuses. Il 'a dit que si je venais à Fria, je pourrais percevoir le triple de ce je gagne avec la Poste. C'est ainsi que je fus encouragée à rejoindre mon mari qui vivait ici comme célibataire.
Avant pour être à Fria, il fallait faire deux jours de route. Nous sommes venus dans un camion.  je me souviens que j'étais en compagnie de Madame cathérine Coker.
A mon arrivée, j'habitais derrière le centre de formation professionnel Kimbo. Là, chaque matin, je pouvais voir des petites biches qui gambadaient derrière la maison. C'était de la brousse.
Toutes ces maisons que vous voyez ici ont été toutes construites devant moi. Même les matériaux qui ont servi à la construction de l'usine ont été transportés à ma présence.
Vous savez avec l'âge, je ne peux pas tout retenir, mais en tout cas, je suis fière d'être la première femme à travailler dans cette usine. Rires!!..
Que furent vos premiers postes à l'usine?
Mon premier poste fut l'hôpital Péchiney. Une fois là, j'ai ouvert le guichet de l'hôpital où venait un monde fou par jour, parce qu'à l'époque, il y avait trop d'accident de travail.
A l'hôpital, j'ai appris à faire accoucher des femmes. Je faisais parfois la visite médicales des travailleurs. Donc, je faisais un peu de tout. Parfois, j'étais obligée de tourner la tête parce que je me disais que ce n'était pas mon métier, car je suis secrétaire de formation. A ce poste, à mon tour, j'ai aidé à embaucher des interprètes qui travaillaient avec nous. Je veux parler de Baldé Dian, Madame Rose et Suzanne.
Même aujourd'hui, si vous allez dans les archives, vous verrez mon no et ma signature sur les premiers carnets. Je suis restée cinq ans avant que je ne demande à quitter. C'est ainsi qu'on m'a envoyé Camara Harouna pour le former. Après sa formation, je suis allée à la Direction générale. Là, j'ai commencé à la réception. De là-bas, je suis venue à la STG où je servais avec deux blanches.
Mon numéro d'embauche était N° 642, c'est-à-dire que j'ai été la 642ème personne à être embauchée à l'usine.
A l'époque, c'est monsieur Bocantin qui était là comme Directeur général de l'usine. Après lui, Monsieur Marnas est venu aussi pour occuper le même poste.
Votre plus beau souvenir?
Le jour de l'extraction de la première quantité d'alumine, mon mari et ses collègues français sont venus me réveiller à minuit moins le quart pour que j'aille faire sauter la bouteille de champagne pour fêter cet exploit.
A  minuit nous sommes rentrés pour passer à l'épreuve. A ma sortie, j'étais toute couverte de la poussière d'alumine. Ce jour a été un grand jour pour moi, car, il reste toujours graver dans ma mémoire.
En plus, quand le train aluminier était venu, j'étais aussi sollicitée pour aller faire sauter la bouteille de champagne à la gare. Ce jour, c'est le ministre Fodéba Kéita qui était venu dans le train pour présider la cérémonie. Nous sommes descendus ensemble à Conakry. Quand le bateau aluminier est venu aussi au port, comme j'étais l'unique femme africaine travaillant à l'époque à l'usine avec des blancs, on m'a fait appel à Conakry pour faire sauter encore la bouteille de champagne.
Un jour, quand j'étais en visite en France, j'ai vu ma photo en train de faire sauter la bouteille de champagne à Fria et dans le bateau aluminier.
Pouvez-vous nous parler un peu de votre mari?
Mon mari s'appelait Émile Kantara. Il travaillais d'abord à la SAREPA à Conakry. Il est venu à Fria en 1957 comme comptable. Il fut le premier cadre noir à travailler à l'usine. Il fut aussi le premier intendant à l'économat. Après quelques postes, il est revenu à la comptabilité où il exerçait aussi le métier de syndicaliste. Et même moi, j'ai été syndicaliste. J'étais été la secrétaire générale des femmes travailleuses de Fria. A travers ce poste, j'ai pu visiter beaucoup de pays comme l'URSS, la Téchoslovaquie, la France, etc.
A l'époque, on m'appelait ''le pigeon voyageur''. Après le syndicalisme, je me suis tournée vers la politique où je fus présidente des femmes de la préfecture de Fria environ dix ans.
C'est comme ça que mon mari a eu de la place. Quand Charles Licence est parti, il a été nommé sous-directeur administratif de la compagnie. Et même une fois, il y avait M. Marchand qui m'a dit: « comme les gens le disent, il y a des personnes ici qui sont plus instruites que ton mari, mais lui, il a du vent parce qu'il aime son boulot et tient bien la compagnie ». Comme réponse, je lui ai dit que je suis vraiment fière , parce que c'est une fierté d'entendre parler du bien de son mari.
Pouvez-vous faire une comparaison entre Fria hier et aujourd'hui?
Oh!! Rires!!... La ville de Fria a changé. Cette ville ressemble aujourd'hui pour moi à un bébé qu'on a vu naître et qu'on voit mourir petit à petit.
A notre temps, tout allait très bien à Fria. Vous pouviez rester un an ici sans aller à Conakry, parce qu'il y avait tout grâce à l'économat qui ravitaillait les travailleurs en denrées alimentaires.
Avez-vous des regrets d'avoir vécu à Fria,
Mon seul regret aujourd'hui est de voir la ville de Fria se dégrader, car la ville est sale et pleine de souffrance. Avant dans les cités, tout était fleuri. On faisait même parfois des concours de jardins pour récompenser les plus beaux jardins. A l'époque, il y avait là une assistante sociale qu'on appelle Madame Massarle qui s'occupait de cela. Avec l'appui de celle-là, j'ai connu la France, parce que partout où elle partait, elle tenait à ce que je sois à sa compagnie. Et même pour équiper la jeunesse de Fria en instrument de musique, c'est moi qui fus envoyée en France avec M. Bourscarle.
Louange à Dieu, nous sommes encore là. Rires!!

 

 

 

 

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R
Avec notre ami Todaro, ous avons diné pour la dernière fois essemble en septembre 2000. Cela reste pour moi un merveilleux souvenir.Que dieu veille sur toi Marie.
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V
Félicitation pour cet hommage à Madame Kantara qui a laissé de bons souvenirs aux anciens de Fria.Madame Kantara vous avez le bonjour de Jacqueline Paumé.AmitiésVéro Paumé
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