Rédigé par CAMARA Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué ARSYF/Belgique et publié depuis
Overblog
Après le départ de monsieur DIMITIAK pour Conakry ce 28 octobre 1954, le second ingénieur du géant Péchiney monsieur SABO a continué les travaux de débroussaillage avec les
autres ouvriers guinéens dirigés par monsieur CAMARA Boubacar, petit frère du chef de canton de Tormelin. Pour rappel, un canton à l'époque coloniale était une division administrative dont
l'équivalent actuel est CRD (Communauté Rurale de développement) encore appelé sous-préfecture mais en zone rurale.
Du petit village de WOULOUNKOBY la petite piste était arrivée à MANGAMORY un autre petit village de Tormelin. C'est là que l'équipe fut réjointe par monsieur DIMITIAK à son retour accompagné
de trois autres chefs d'équipe :
1° CAMARA Djibi de Tormelin actuellement décédé dont la construction se trouve à côté de la mosquée de Tormelin ;
2° SOUMAH Issiaga de Kindia qui logeait à la cité CALT (ancien nom de Sabendè) jusqu'à sa retraite. Il fut envoyé à la mecque par Friguia-Kimbo et décéda quelques années plus tard vers le
milieu des années 90 ;
3° Enfin monsieur KIBIER un expatrié français.
Ces derniers ont débuté les travaux en partant du petit village de Kissandoh situé derrière le quartier de tabossy le 8 novembre 1954. C'est dans cette localité que se situent les
carrières 4 et 7. C'est donc à Kissandoh que le premier camp fut installé le 26 octobre 1954. L'équipe de KIBIER en a profité pour élaborer le plan des maisons des premiers ouvriers
venus pour le démarrage de la construction de l'usine. D'où le nom de CD (Cité Demarrage). C'étaient des cases en paillottes construites à l'emplacement de l'actuelle CD. C'est là
donc que furent construits les premiers logements de la cité de Fria.
La route de Kissandoh allait jusqu'à Tabossy, remontait le long du fleuve Konkouré, continuait vers Fria-village tout en traversant la petite montagne de Kimbo. C'est ce petit rélief qui a
donné son nom à la deuxième appelation de l'usine de Fria c'est-à-dire "Kimbo". Cette route fut terminée le 30 novembre 1954.
Mais le 5 décembre 1954, à l'entrée d'un petit hameau, les deux ingénieurs de Péchiney monsieur DIMITIAK et monsieur SABO ont demandé à CAMARA Boubacar, le premier chef d'équipe : <<
Mais où va cette route ? >> et CAMARA BOUBACAR a répondu : << Ce hameau s'appelle Firiya >>. Monsieur DIMITIAK n'ayant pas
compris demanda à nouveau : << Comment ? >> et CAMARA Boubacar répéta : << Firiya >>. C'est ainsi que DIMITIAK a noté ce nom dans son carnet qui
allait devenir finalement FRIA les blancs n'ayant pas la même pronciation que nous autres africains.
La première appelation fut donc "Fria-Kimbo" qui deviendra par la suite "FRIGUIA-KIMBO". Il est vrai que cette histoire n'est pas trop connue par la
quasi-totalité des fils de Fria. Pourquoi ne pas l'instaurer donc dans le système éducatif de notre cité ainsi qu'un programme de découverte des monuments et sites de notre ville ?
L'ARSYF/Belgique y réfléchit afin de faire des propositions aux autorités.
Il y a un excellent livre qui relate la naissance de Fria, puis de Friguia.Ecrit par Jacques LARRUE, "Fria en Guinée" première usine d'alumine en terre d'Afrique peut se trouver aux éditions "KERTHALA".Monsieur LARRUE a fait beaucoup de voyages en Guinée pour écrire ce livre. A l'époque de la construction de l'usine, il était Administrateur de la France d'outre-mer.Il a assisté à l'aménagement industriel de la Guinée avant et après son indépendance.Je vous recommande ce livre.