1er site d'information guinéen basé essentiellement sur l'actualité d'une ville : Fria en Guinée depuis 2006
8 Février 2008
Une entreprise chinoise aurait racheté 49% des parts de RUSAL dans Friguia.
C’est la rumeur qui circule en ce moment à Fria. Nous n’avons pas trop l’habitude de colporter des rumeurs mais lorsqu’elles se précisent de plus en plus et surtout lorsque nous sommes directement concernés, il nous est difficile de faire l’impasse dessus. Le récent gel de tous les investissements en cours expliquerait cela.
D’ores et déjà, plusieurs questions se posent à savoir : qu’est-ce qui va réellement changer au sein de l’entreprise ; les changements à venir seront-ils bénéfiques ou nous ramèneront-ils en arrière ; les perspectives d’extension, d’amélioration des conditions de vie, de formation et de salaires seront-ils remis en cause et gelés ?
Ce désengagement partiel mais stratégique de Rusal est difficilement compréhensible quand on sait que la Guinée abrite les 1ères réserves mondiales de bauxite et que Rusal a vocation à rester n° 1 mondial du secteur. Certes, la Chine va à l’assaut du monde et Rusal aussi bien que la Guinée ne peuvent y résister. Les besoins de l’Empire du Milieu en matières premières font flamber les cours de ceux-ci depuis plusieurs années déjà. Rusal et la Guinée sauront-ils longtemps résister à celle qui est en passe de devenir la 3ème économie mondiale ? La coopération chinoise en Guinée se traduit quand même par des actions plus concrètes sur le terrain : projet de construction du barrage de SOUAPITI (700 MW soit 9 fois GARAFIRI) contre une concession minière ; construction des studios flambants de la RTG ; construction d’un nouveau stade aux normes de la FIFA ; projet d’une autoroute deux fois deux voies reliant Conakry à Mamou ; etc.
Cette liste, loin d’être exhaustive, a le mérite de permettre de répondre à certaines attentes des populations et d’équiper le pays en infrastructures. Sur le terrain, l’une des 1ères conséquences de ce changement est l’ordre donné à quelques stagiaires guinéens en France de rentrer immédiatement en Guinée. Décision dénuée de tout sens quand il ne reste à l’un d’eux seulement une semaine pour terminer sa formation.
Comme en 1997, encore une fois, la formation de nos cadres, le social (et qui sait les salaires et l’hôpital un jour) feront les frais de ces politiques dites de rigueur et d’austérité au nom de la mondialisation.
Pour terminer, la formation de deux ou trois stagiaires guinéens en France coûte-t-elle autant ou plus que les nombreux russes qui sont à Fria et qui représentent une charge énorme en matière de salaires, de billets d’avion, de frais de téléphone, de frais de véhicules et de carburants ?
Franchement non, surtout quand beaucoup parmi eux travaillent avec la pelle, la pince à souder et même la brouette. Travaux d’ordinaire réservé aux autochtones pour un salaire cinq à dix fois moindre.
Pour qui nous prend-on ?