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19 Janvier 2008
Un agent en tenue bleue au Groupe Energétique
L'on se souvient encore de ces années où l'usine de Fria constituait le fleuron de l'industrie guinéenne. De par sa capacité de production annuelle, son rendement et surtout la
compétence de son personnel ouvrier, elle était de loin le poumon de notre économie. Une fierté pour tous les Friakas et l'espoir de toute la nation guinéenne. Mais aujourd'hui,
tout laisse à désirer dans la cité de l'alumine.
Ce 31 décembre 2007, lors d'une visite dans les installations de Rusal-Friguia, nous avions été surpris de rencontrer quelques anciens de Friguia-Kimbo en tenue de travail, c'est-à-dire le
traditionnel uniforme "Bleue" auquel se sont familiarisés tous ceux qui ont vécu la belle époque de Friguia-Kimbo avec Péchiney. Des ouvriers pour la plupart à la retraite depuis un peu
plus de 10 ans. Une situation qui nous a forcément intrigués, car certains de ces ouvriers rappelés d'urgence viennent de loin où ils vivaient déjà paisiblement leur retraite. Avec un contrat à
durée déterminée de 3 mois renouvelable, ils ont été rappelés pour apporter leur savoir-faire au GROUPE ENERGETIQUE. Nous n'osons pas croire qu'un service comme le GROUPE
ENERGETIQUE qui fait fonctionner toute l'usine ainsi que la ville de Fria, puisse être en manque d'ouvriers qualifiés à ce point.
Cette situation témoigne donc de la gestion et la stratégie hasardeuse que la direction de RUSAL entretient à Fria. Faut-il encore rappelé que ce manque de vision à long terme de
RUSAL méne directement à la catastrophe. Aucune politique de recructement structuré et de formation de personnel compétent n'est mise en place. Les ateliers autrefois remplis depuis la création
de cette usine, restent aujourd'hui désepérément vides. Les filières de recrutement des jeunes ouvriers via le lycée et le centre de formation professionnel de Fria ainsi que le reste du pays
sont abandonnées. La direction russe de l'usine se contente tout simplement de faire venir de la Russie des ouvriers incompétents. A titre d'exemple, ces derniers auraient eu de sérieux
problèmes pour redemarrer la chaudière 4. Quant aux cadres locaux, ils n'hésitent pas à se nourrir des nombreux pot-de-vins soutirés aux nouvelles recrues et tout cela au détriment de la
qualification et de la formation bien sûr.
Or, la culture de toute entreprise performante et compétitive doit être fondée avant-tout sur le savoir-faire et la maitrise technique de son personnel. Mais avec les conditions actuelles à
Rusal-Friguia, pourrions-nous espérer la continuité à long terme de cette unité de production ?
C'est pourquoi, nous invitons la direction à revoir sa politique de recrutement et de formation, bref de sa gestion des ressources humaines afin de permettre à notre cité et son usine de
continuer à exister encore longtemps.