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20 Octobre 2007
Notre Economat est actuellement au centre d’une querelle qui oppose le collège syndical de Rusal-Friguia à un
haut gradé de notre Armée Nationale en service à Fria.
Pour mieux vous faire comprendre de quoi il s’agit, il faut d’abord rappeler que l’Economat a été créé par Péchiney au tout début de la création de l’usine afin de permettre aux nombreux
travailleurs de se ravitailler en denrées de première nécessité car le commerce était inexistant dans la ville qui naissait à peine. L’isolement de la Guinée et l’interdiction du commerce privé
par l’ancien régime n’a fait que renforcer l’importance et la présence de cet établissement qui a permis à beaucoup de friakas de vivre dans une relative abondance et avec des prix
quasi-subventionnés quand le reste de la Guinée ne connaissait que restrictions et privations en tout genre.
A l’arrivée de la 2ème république et au passage de l’économie d’état à l’économie de marché, il a fallu revoir certains acquis et Péchiney a alors souhaité se désengager de certains
secteurs sociaux jugés alors budgétivores tels que l’Hôpital, l’Economat ou les Cités. Malgré la désapprobation des travailleurs, le collège syndical en place en 1996 a signé un accord de
fermeture définitive de l’Economat sans contrepartie financière consistante et durable. Les malheurs des travailleurs ne faisaient que commencer car alors confrontés aux prix du marché avec des
banabanas intraitables.
Sous la pression des travailleurs, le collège syndical de 2001 a, avec l’accord de la Direction, négocié une reprise de l’Economat par des opérateurs privés. L’expérience a malheureusement pris
fin vers 2003 à cause des repreneurs peu crédibles et suite à certaines malversations qui ont entrainé des pillages. Toutes les autres tentatives se solderont par des échecs.
Le tout nouveau collège syndical élu il y a juste un an, soucieux de l’importance d’un économat qui offre des garanties de prix stables aux travailleurs, a rencontré des repreneurs potentiels et
un groupe d’opérateurs a été choisi pour la reprise et la date de Décembre a été retenue pour le lancement. Mais voilà qu’il y a quelques mois, pour des prétendues raisons de sécurité des
expatriés, on a fait venir un détachement de la Gendarmerie Nationale qu’on a logé à l’Economat. Or l’échéance de Décembre se rapprochant et les repreneurs étant attendus pour une visite ce
lundi, le collège syndical a voulu faire faire des travaux de restauration pour rendre le lieu présentable mais les ouvriers ont été éconduits par notre officier qui exige qu’on trouve un lieu où
reloger ses hommes. Les efforts de la Direction resteront vains jusqu’à ce matin où un accord semble avoir été trouvé mais nous n’en avons pas la teneur.
Mais posons-nous quelques questions : Quand on permet à un distributeur de disposer de locaux, d’électricité et de convoyage des marchandises de Conakry à Fria le tout gratuitement juste
pour minimiser ses marges pour des prix plus abordables, doit-on s’y opposer pour des motifs de sécurité ? La sécurité de personnes qui ne sont nullement menacées prime-t-elle sur la
sécurité alimentaire ?
La Guinée est certes un pays où il y a des faits de grand banditisme mais, loin d’être comme le Nigéria où le kidnapping des expatriés est quotidien.
Les jours prochains nous éclairciront davantage sur ce problème mais nous ne sommes pas en mesure de dire si la solution sera bonne et définitive. Affaire à suivre…