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19 Juillet 2007
De gauche à droite, Mamoudou Traoré, Fodé Kouyaté, Charles Dieng (membre ARSYF/Belgique)
De gauche à droite, Sékou Tidiane Conté (Trésorier/ARSYF-Belgique), Fodé Kouyaté, Camara Abdoulaye Ciré (Vice-Président ARSYF-Belgique)
Fodé Kouyaté et Camara Abdoulaye Ciré à la fin de l'interview à l'hôtel Van-Belle
Echange des derniers mots devant l'hôtel Van-Belle
Fodé Kouyaté le Djeli Kissi de Faramaya, grande figure de la musique guinéenne, a offert ce vendredi 13/07/2007, un grand spectacle au public guinéen et africain de la capitale
belge. Ils étaient très nombreux venus l’applaudir à Black Light, un établissement situé à Anderlecht dans la région Bruxelloise.
Mais avant le spectacle, c’est dans une
ambiance bon enfant à l’hôtel Van-Belle qu’il a accepté de recevoir ses frères et enfants de Fria. Il était déjà 23h passé de quelques minutes. Fraîchement sorti de la douche, il s’était
directement jeté dans nos bras, heureux de retrouver ces visages qui lui étaient très familiers à Fria avant même le début de son grand succès. Voici donc, en quelques lignes, la teneur de cette
rencontre.
- Camara Abdoulaye Ciré :
Comme vous le savez déjà, nous représentons l’Association des Ressortissants et Sympathisants de Fria en Belgique
(A.R.SY.F.) Nous avons crée cette organisation afin de venir en aide à la ville qui nous a vu naître et grandir. Le même modèle existe déjà à Conakry et aux U.S.A. Je crois que
vous êtes déjà au courant…
Mais avant de commencer cet interview, je vous présente d’abord : Charles Dieng, un membre très actif ; Sékou Tidiane Conté, le Trésorier ; Mamoudou Traoré, un fils de Fria résidant à Conakry et
moi-même Camara Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué de cette association. Maintenant, je donne la parole à Charles afin qu’il vous parle un peu de nos activités.
- Charles Dieng :
Depuis la mise en place du bureau officiel il y a un an, nous avons pu faire quelques activités, notamment
l’envoie des maillots de corps à l’équipe préfectorale de football de Fria et des ballons à dix équipes des moins de quinze ans. Nous avons aussi obtenu des ordinateurs complets dans le cadre
d’un partenariat avec la Banque Nationale de Belgique. Ils sont déjà dans le bateau et sont destinés à notre projet de Cyber-Café et de médiathèque à Fria. Parmi nos objectifs, nous recherchons
également des matériels scolaires et sanitaires afin d’équiper des écoles et hôpitaux de la ville de Fria. Voilà quelques unes de nos priorités et nous vous informons que nos amis restés au pays
ont déjà construit un centre de santé à Tabossy.
- Fodé Kouyaté :
Je suis très fier et content de l’association et je vous remercie pour avoir pensé à moi. L’idée de cette
association pour venir en aide à la ville de Fria, j’en ai déjà parlé avec M’Ballou Cheick à Conakry et d’autres enfants de Fria lors de mon passage à New-York. Sachez que je suis de cœur avec
cette association. Dès qu’il y a quelque chose, un projet par exemple, n’hésitez surtout pas à me faire signe.
- Camara Abdoulaye Ciré : A quand remonte votre dernière visite à Fria ?
- Fodé Kouyaté :
Il y a longtemps. Mais cela est surtout dû à mes activités d’artiste. Au décès de Orlando, je voulais y aller,
mais j’étais empêché à cause des voyages. Toutefois, je vais vous dire que ma source reste Fria. Quelques soient mes problèmes, je dois avoir un temps pour cette ville et faire quelque chose pour
sa jeunesse. Car c’est grâce à Fria que j’ai été découvert comme chanteur et artiste. J’en ai déjà parlé à Conakry et à New-York et je le dis ici aussi.
- Camara Abdoulaye Ciré : Vous êtes à quelques minutes seulement du début de votre spectacle, mais malgré tout vous avez décidé de nous recevoir…
- Fodé Kouyaté :
Ce soir, si on vous refusait d’entrer dans cet hôtel, je serais parti aussi. Vous voyez, je vous ai attendu avant
même de me rendre au concert. Quand votre Secrétaire à l’organisation (Abdoulaye Bozi Diallo) m’a eu au téléphone après avoir beaucoup insisté, j’ai immédiatement dis O.K. dès que j’ai su qu’il
s’agissait des enfants de Fria. Je l’ai donné mon numéro de téléphone qu’il vous a communiqué. Il a fait du bon travail.
- Camara Abdoulaye Ciré : Que pensez-vous de cette idée des enfants de Fria de venir en aide à leur ville?
- Fodé Kouyaté :
Cette idée d’association peut aller très loin. J’en ai déjà parlé avec M’Ballou Cheick. Tenez-moi toujours au
courant des activités de l’association. Je me considère déjà comme un membre actif et je vous demande de me traiter au même pied d’égalité que tous les autres membres. Sur le plan culturel, pour
tout ce qui concerne Fria, je suis prêt à apporter ma contribution. Mais puisque je voyage beaucoup, informez-moi au moins deux mois à l’avance.
- Sékou Tidiane Conté : C’est Aïcha Soumaré qui est notre présidente
- Fodé Kouyaté :
Aïcha est ma jeune sœur. Dès que j’arrive ici, je l’appelle d’abord. Je sais qu’elle est capable de beaucoup de
choses. Il faut l’épauler.
- Sékou Tidiane Conté : Que pensez-vous de Fria d’avant et d’aujourd’hui ?
- Fodé Kouyaté :
A l’époque où l’économat fonctionnait, Fria était une perle. Cette époque où on jouait au terrain rouge était meilleure. Elle n’est pas
comparable à celle d’aujourd’hui où il n’y a pas de courant. Vous savez si les travailleurs sont à l’aise, cela peut se répercuter sur nous autres. En me référant à la situation de la Guinée,
Fria reste une ville de connaissance et de production. Fria qui constituait 25 à 30% de l’économie guinéenne ne doit pas s’éteindre. Vu la situation d’aujourd’hui, ce sont nous les jeunes, les
bras valides qui devons nous lever. Concernant l’aide médicale aux hôpitaux, dans mon rôle d’ambassadeur de l’UNICEF, j’en ai déjà parlé à mes connaissances. Partout où je passe, je parle de
cette ville et de son usine.
- Camara Abdoulaye Ciré : Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué à Fria ?
- Fodé Kouyaté :
Tout m’a marqué à Fria. Avant, j’avais beaucoup peur de la femme. C’est là-bas où j’étais tombé amoureux.
- Camara Abdoulaye Ciré : Vous avez eu beaucoup de succès, mais j’ai l’impression que vous avez oublié Fria. Car vous ne faites jamais référence par exemple à cette cité dans vos chansons
- Fodé Kouyaté :
Pour être reconnaissant envers cette ville, je vous dis que c’est à Fria que j’ai eu mon petit bagage intellectuel. A mes débuts,
lorsque je n’étais pas encore connu en Guinée, toute la population de Fria m’avait soutenu. Quand j’ai rencontré Gaby, il m’a fait connaître partout à l’usine. J’ai même composé une chanson pour
l’usine de Fria. Vous verrez que je suis très reconnaissant envers cette ville.
Vous savez, au début, j’étais toujours produit par la maison CDS Production. A chaque fois que je composais, ils écoutaient d’abord ma maquette et choisissaient en suite des morceaux qu’ils
estimaient rentables. C’est pourquoi, je n’ai pas pu chanter sur Fria, notamment la chanson en l’honneur des secrétaires de l’usine. C’est purement commercial et je les comprend. Mais maintenant,
je suis mon propre producteur depuis l’album gnalemba. Ma maison de production s’appelle Hadja Mama Djeli Production (H.M.D.), c’est le nom de ma maman.
- Sékou Tidiane Conté : Quels sont tes objectifs à court terme, un nouvel album bientôt ?
- Fodé Kouyaté :
Maintenant je me prépare à inaugurer mon studio d’enregistrement à Conakry c’est-à-dire Hadja Mama Djeli Studio
toujours le nom de ma maman. Après consultations dans de nombreux studios à Paris, je l’ai équipé de tous les logiciels de dernière génération. Vous pouvez y retrouver tous les rythmes du monde
même le rap. C’est là que je vais enregistrer mon nouvel album. ET TOUTE LA FIERTE REVIENT A FRIA.
Je voudrais aussi me préparer et faire une sortie pour Fria. J’en ai parlé à M’Ballou Cheick, peut-être organiser un grand concert ici ou à Conakry afin de remplir les caisses de
l’association. Même poser une petite pierre, je veux le faire pour cette ville. Toute la Guinée doit savoir que c’est là ma source où j’ai appris à parler le français.
- Camara Abdoulaye Ciré : Votre dernier mot pour Fria et sa jeunesse
- Fodé Kouyaté :
Pour finir, je vous encourage. Et ensemble, nous pourrons faire quelque chose pour cette ville. Je vous donne déjà mes numéros de téléphone ici à Paris et à Conakry, également mon adresse e-mail.
Contactez-moi dès qu’il s’agit de Fria.
- Camara Abdoulaye Ciré, Sékou Tidiane Conté, Charles Dieng, Mamoudou Traoré :
Nous sommes très contents de ce contact et nous vous
disons merci.
Rapporté par Camara Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué ARSYF/Belgique