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26 Juin 2007
A l’image de nombreuses autres villes de Guinée, la cité d’alumine, Fria vit aujourd’hui au rythme des taxis motos dont l’utilité n’est manifestement plus à démontrer chez la population. Les risques sont quand même grands…
Depuis un certain temps en effet, la ville grouille de deux roues au grand bénéfice de la communauté. Une population jusque là obligée de couvrir à pieds toutes les destinations, sinon presque. Mais, avec l’avènement de ce nouveau vent de transport, des jeunes, réunis en syndicat renouent avec l’asphalte fraîchement (re)mise en état grâce à la Compagnie RUSAL à hauteur de cinq millions de dollars.
Dans leurs gilets jaunes flanqués de numéros, ces motards arpentent rues et ruelles de Fria. Certains travaillent pour eux-mêmes, d’autres pour des particuliers. Et, selon les circonstances, une recette journalière allant de quinze mille GNF à 150 mille GNF, est déposée au propriétaire. Ce qui n’est visiblement pas à négliger quand on sait que- mise à part toute probabilité d’accident - dans quatre ou cinq mois d’opérations, le prix de la moto est déjà récupéré.
Cette nouvelle trouvaille enchante plus d’un et tente plus d’un jeune chomeur ou père de famille. « C’est une bonne affaire, ces taxis motos. Car, la recette mensuelle est plus qu’un salaire d’un haut cadre de l’Etat », observe humoristiquement un agent de l’usine Kimbo. Seulement, monter à bord de ces deux roues relève d’un courage indien. D’autant plus que les accidents se comptent à des dizaines par semaine. Des accidents dus en partie par la maladresse ou l’incompétence des pilotes. Il n’empêche que les anciens marcheurs se bousculent auprès de ces motos d’où ils trouvent réellement leur salut. « Quand je monte sur la moto, j’alerte immédiatement mon guide que je ne suis pas pressée. Donc, il faut aller doucement… », fait remarquer une ménagère.
Quoiqu’il en soit, les taxis motos soulagent beaucoup la population avec des tarifs relativement abordables. Seule question à ce jour : comment couvrir la saison de pluies avec une visibilité souvent très faible ? « Avec beaucoup plus de prudence », confie gaiement un motard avant de disparaître en trombe vers le quartier de Tabossi.
Alors, motards, prudence, prudence ! Votre vie en dépend.
Thierno Fode SOW /FRIA