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Ce mercredi 13/05/2007, quelques minutes seulement après avoir appris le départ de la ville d'une partie des engins de génie-civile de l'entreprise HENAN-CHINE, tout le
quartier de Tabossy dans la haute banlieu de la cité de FRIA s'était agitée. Ses habitants, hommes, femmes et enfants étaient descendus dans la rue pour exprimer leur colère de ne pas voir arriver
le bitume dans cette localité.
Située tout juste derrière l'usine, cette position a permi à ses nombreux habitants d'envahir rapidement les pistes de la carrière et de
perturber pendant deux jours le trafic des chargements de bauxite en direction de l'usine, occasionnant par la suite un ralentissement croissant des activités minières au sein de
Rusal/FRIA.
Mais pour mieux comprendre les dessous de cette révolte dans ce quartier de l'agglomeration frianaise et le sentiment d'abandon dont les habitants se disent victimes, il faut d'abord
revivre le film des émeutes de décembre 2006 à FRIA-Ville, suite auxquelles le gouvernement a enfin accéléré le début des travaux de bitumage après un long affrontement entre les jeunes de la cité
et les représentants gouvernementaux, notamment le gouvernement de la région de Boké dont relève FRIA (monsieur Dansa Kanté) ainsi que l'actuel préfet de FRIA (monsieur Mamadouba
Bangoura). Ce dernier, rejetté par toute la ville ne pouvait même plus se rendre à la grande mosquée pour les prières de vendredi. IL préférait donc aller à Tabossy pour éviter la colère
des jeunes du centre-ville. Et il en avait profité pour promettre l'arrivée du bitume jusqu'au centre de ce quartier. Pour servir donc sa cause personnelle, monsieur le préfet a occulté
que seuls les anciens grands tronçons qui étaient autrefois bitumés étaient pris en compte dans la décision de financement de la société Rusal.
Mais au délà de cet espoir insensé nourri par le premier magistrat de la ville, la cause de Tabossy interpelle et mérite d'être soutenue. Surtout quand on sait que cette localité n'a jamais
été bitumée parce qu'elle se situe en déhors des cités construites pour accueillir les seuls travailleurs de l'usine et quelques privilégiés de l'administration.
Camara Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué ARSYF/Belgique