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19 Mai 2007
Trois images des travaux devant le plus ancien des immeubles "F8"
La route qui passe devant l'immeuble "F6B" et qui continue vers la résidence du Préfet
Le virage de la route qui quitte les immeubles et continue vers la cité "Ecochard". A gauche, la résidence du Préfet et à droite, l'immeuble "F6B"
La même route devant la cité "Ecochard"
Autrefois à Fria, le mois de Mai ressemblait à la belle période où on basculait de la saison sèche à celle de l'hivernage. A force de voir les premières gouttes de pluie au
contact du bitume chaud après une longue période de soleil ardent, de larges sourires illuminaient les nombreux visages des Friakas. Mais depuis presque sept ans, cet enthousiasme était retombé
d'un cran. Parce que d'une part, l'espoir de voir le bitumage du tronçon national Conakry-Fria qui poussa d'ailleurs les autorités de la ville à enlever à tort l'ancien bitume, fut une immense
déception. D'autre part, ce changement climatique du mois de Mai, loin de tout phénomène naturel, était devenu synonyme d'un double calvaire pour les milliers d'habitants de la cité de l'alumine.
Celui du passage de la saison poussiéreuse à celle des rues couvertes de boue. Mais bientôt, cette désolation ne sera plus qu'un triste souvenir malgré qu'on soit encore loin de la grande
propreté d'antan qu'affichait la ville. Car Fria commence à revivre ses périodes nostalgiques où la vue resplendissante de ses rues surplombait son paysage et ses nombreux
parterres.
Aujourd'hui, la cité affiche un nouveau visage. Sur tous ses grands tronçons, le nouveau bitume s'étend à perte de vue pour le bonheur de toute la popuplation, en
particulier les enfants qui, n'ayant pas connu le passé admirable de la ville, et dans toute innocence, s'invitent déjà au premier rang des admirateurs en s'affichant avec les automobilistes.
L'enthousiasme donc de ne plus être otages de la poussière et de la boue est palpable partout. On croirait cela à une première fois à Fria, et pourtant non. De toute façon, cette
joie affichée paraît comprehensible quand on sait qu'elle exprime le sentiment d'une fierté en partie retrouvée.
Sur l'ensemble de la voirie urbaine, il ne reste plus que quatre grands axes à bitumer, à savoir le tronçon qui rélie l'ancienne salle de judo au restaurant "Calao" en traversant le côté sud
de la "Cité des Ingénieurs" (ex-Unité 1) et la "Cité Astaldi"; En suite, la rue qui quitte la préfectorale et continue vers le marché en passant devant l'église et l'hôpital
d'Etat; Puis la route de l'usine et enfin celle qui quitte l'ancien Economat et continue dans le quartier Tigué.
Après quatre décennies de contribution immense à l'économie guinéenne, la cité de Fria ne devait plus s'attarder sur son passé. Au contraire, celui-ci devrait tout simplement lui servir de repère
précieux pour améliorer son présent afin de construire un futur beaucoup plus glorieux et plein de promesses. Il est donc regrettable d'effectuer ce grand saut en arrière pour reparer un
préjudice causé à cette ville dont les causent profondes remontent vers le début des années 90, l'époque où son destin fut récupéré et vidé de toute sa substance par les personnes dont la
seule motivation demeure la "Médiocrité", l'égoïsme et le mépris pour la patrie et les générations futures. Néanmoins, l'espoir est encore permis...
Quant à nous, fils, amis, sympathisants et anciens travailleurs de cette ville qui nous a tant donné, désormais, quelle place devrions-nous occuper pour sa reconstruction ? Allons-nous toujours
continuer à exprimer les belles phrases et afficher nos photos et souvenir sur son passé de ville paisible ou bien allons-nous enfin penser à lui témoigner notre gratitude ? Sans bousculer les
choses, réfléchissons donc tous pour donner tout simplement raison à Fria qui reste notre cause commune.
Camara Abdoulaye Ciré, Vice-Président et Administrateur-délégué ARSYF/Belgique