1er site d'information guinéen basé essentiellement sur l'actualité d'une ville : Fria en Guinée depuis 2006
12 Avril 2007
Si précédemment, nous avions évoqué le départ précipité de Péchiney et de tout le consortium Frialco de Fria, aujourd'hui, nous pensons qu'il est de notre devoir d'expliquer également les raisons qui ont poussé ce grand groupe vers la sortie. Elles sont multiples et lointaines.
D'abord en 1992, la cité de Fria avait connu des moments d'obscurité suite à la vétusté des installations, mais également à cause de la mauvaise gestion de nos cadres locaux. Trois mois durant, les habitants ont dû se résigner à allumer les bougies à l'approche du crépuscule. Pour nous qui préparions le baccalauréat pour la première fois, nous étions lassés de toujours consacrer nos journées aux études et de pas en profiter comme avant. Cette période fut le début de la véritable turbulence que connaît présentement la ville de Fria.
Et quand on sait que les règles qui régissent la rémunération du capital investi demeurent la productivité et la rentabilité, la société Friguia-Kimbo se devait de réagir. C'est ainsi que Diallo Alimou, le Directeur d'alors fut remercié et remplacé par Gompers comme Directeur Opérationnel. Avec ce dernier, les détournements et légèretés qui étaient monnaie courante avaient profondement chuté. Plus qu'un bon gestionnaire, ses méthodes de gendarme ont fait écho jusque dans les familles. Son management avait donc permi à Friguia-Kimbo de retrouver un peu la sérénité.
Mais en 1996, la nomination de Kassory Fofana et de Facinet Fofana, respectivement minitre du secteur parapublic et des mines et géologies, a précipité à nouveau la compagnie vers une descente aux enfers. Encore faut-il rappelé qu'ils n'ont pas hésité à pousser au poste de secrétaire général de la société, Bocar Ly, un ancien de Friguia-Kimbo et proche ami. Plus grave encore, ce dernier amena dans sa besace un autre ami proche, Monsieur Diallo qui avait pris en charge le service financier. Et s'en étaient suivies plusieurs malversations.
Cette gestion hasardeuse a conduit au départ de Péchiney puisque l'exploitation n'était plus compétitive. L'Etat guinéen avait rachété toutes les parts du consortium Frialco avant de les brader à de nouveaux investisseurs après une période de location-gérance sans négocier une sortie de crise à long terme. Mais, pendant qu'on a pas encore fini de se demander comment sortir de cette crise, monsieur Facinet Fofana, après un passage à l'université Harvard et actuellement Vice-Président d'une compagnie norvégienne, ose nous dire qu'il devait être décoré grâce à ses exploits à Fria. << Les grands et bons investisseurs aiment les schémas nets et clairs et ils s'accommoderont parfaitement de cette situation s'ils y trouvent leurs intérêts >> a-t-il martelé. Une fois de plus, la preuve que ces gens n'ont aucune conscience de tout le mal qu'ils ont causé à la nation guinéenne.
Mais, il vient de ressortir du premier grand conseil des ministres du tout nouveau gouvernement, que tous les contrats miniers du pays qui ont été lâchement monnayés devraient être révisés de façon amiable. Si non, le gouvernement saisira les grands cabinets d'audit pour que ses droits lui reviennent. Vraisemblablement, l'espoir semble renaître à Fria.
Camara Abdoulaye Ciré (Bruxelles/Belgique) et Kaba Ibrahima Kalil (Roosendal/Pays-Bas)